Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 08 février 2015 : Jésus guérit

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 08 février 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer et Claude Houot
  • Lectures:

    Livre de Job 7, 1 – 4. 6 – 7.

    Psaume 146.

    Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 9, 16 – 19. 22 – 23.

    Evangile selon saint Marc 1, 29 - 39.

  • Homélie:

    Nous sommes invités à regarder ce que fait le Christ dans l’Evangile.

    Jésus guérit (même les belles-mères). C’est sa première action. C’est l’un des titres de Jésus dans les premiers siècles « le Christ médecin ». C’est un point important : il est celui qui aime, celui qui est attentif à ceux qui souffrent. Quand Jésus est averti pour la belle-mère de Simon, « aussitôt » il va auprès d’elle. Quelle relation ai-je avec Jésus ? Est-ce que je laisse Jésus regarder mon corps, mon cœur ? Jésus qui accomplit des miracles. A Lourdes, ce sont 66 miracles et plus de 6 000 guérisons merveilleuses qui sont recensées. En revanche, à Nazareth, Jésus guérit peu car les gens ont peu de foi. Notre paroisse a-t-elle assez de foi pour que Jésus y fasse des miracles. Nous avons des blessures, mais Dieu veut nous en libérer. Est-ce que nous présentons à Dieu ces blessures dans notre prière ? Le premier lieu de guérison est les sacrements. Nous pouvons penser au sacrement de Réconciliation mais le premier où Dieu fait des merveilles est l’Eucharistie. N’ayons pas peur de nous présenter comme nous sommes pour que Dieu entre dans nos vies. Présentons-lui nos soucis, nos difficultés mais aussi nos joies, les personnes qui nous ont blessé, celles que l’on a blessées : Dieu veut guérir nos cœurs blessés.

    La force qui conduit Jésus à guérir n’est pas une puissance magique, il n’est pas un charlatan comme nous en voyons dans les journaux. La deuxième chose que fait Jésus est de se retirer pour prier. C’est de la prière, de l’unité avec le Père qu’il tire sa puissance. Il ne s’agit pas de récitation de prières, mais d’un cœur à cœur, d’un long temps de communion. De nombreuses fois dans l’Evangile, Jésus se retire et passe la nuit à prier. Il faut prendre le temps de se retirer, le temps d’un cœur à cœur avec Dieu. C’est le mystère de la foi. Ce n’est pas la foi que Dieu existe là-haut. Non, c’est la foi en la proximité de notre Dieu. Ce n’est pas un Dieu qui juge, qui surveille. Dieu regarde nos cœurs. Y a-t-il de la place pour Dieu dans nos cœurs, nos vies ? Comme nous sommes là, nous répondons oui. Mais avons-nous malgré tout assez de temps pour ce Dieu qui est tout pour nous ?

    La troisième chose faite par Jésus est de proclamer la Bonne Nouvelle. C’est l’espérance. Dans sa première lettre apostolique, le pape François dit que l’espérance est « la mémoire de l’avenir ». Nous nous rappelons du passé, de ce que nous sommes en train de vivre. Mais nous savons aussi ce qui va arriver. Dieu nous l’a révélé, il nous a révélé le projet de bonheur qu’il a pour nous. Nous avons à en être témoin. Il y a là deux enjeux essentiels :

    - Dieu est riche en miséricorde, il est bon. Nous devons inviter les gens, notamment ceux qui souffrent, à s’approcher de Dieu : ce n’est pas un juge, c’est un Dieu qui guérit (comme Jésus dans sa première action).

    - L’Evangélisation : soyons porteur de la Bonne Nouvelle. Quand nous voyons la télévision, nous pouvons porter un regard négatif, pessimiste sur la monde. Mais un chrétien ne peut pas se contenter de juger, de critiquer. Notre vocation est d’être témoin d’une Bonne Nouvelle à annoncer. Dieu nous aime d’un amour fou. Nous devons porter un regard d’espérance, d’amour sur tous ; c’est le défi relevé par Jésus en son temps. Si nous ne sommes plus la lumière du monde, ne soyons pas surpris que le monde soit dans les ténèbres. Soyons la lumière du monde afin qu’il soit plus beau. Amen.

     

     

    Père Philippe Gauer.

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 07 février 2015 à Laneuveville.

     

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    L’Eglise nous propose de faire de ce week-end le week-end de la santé. Les malades sont bien sûrs concernés, mais pas seulement eux. Sont aussi concernés les médecins, les infirmiers, les aides – soignants, les visiteurs, les aumôniers,… En définitive, chacun de nous est concerné. Chacun de nous a besoin de ce médecin qu’est Jésus. Comme Jésus l’a dit lui-même, ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades (Marc 2, 17). Nous sommes tous plus ou moins malades et avons besoin de ce médecin. Quand Jésus guérit, il dit souvent ces mots importants : «  ta foi t’a sauvé », c’est-à-dire que le malade va pouvoir reprendre sa vie normale, sa place dans le monde des bien-portants. Le pape François a dit à Strasbourg que l’Europe est malade et il a comparé cette maladie à un cancer.

    Mon beau-frère aumônier d’hôpital me disait que dans ce monde, on est tout nu, ce n’est plus le moment de faire du cinéma, on se retrouve face à face sans rien.

    Jésus guérit tout le monde de toutes sortes de maladies. Il laisse déborder son cœur : il ne fait pas d’exception. Il est venu pour que l’homme ait la vie, la vie en abondance. Mais il sait s’arrêter en prendre le temps, de causer par exemple. C’est un danger pour le personnel soignant : quand il y a foule et qu’ils ne sont pas assez nombreux, ils risquent de ne plus voir que des cas ; c’est le danger de l’anonymat. Mais nous pouvons être conscients de leur dévouement et leur en être reconnaissants.

    Jésus ne se laisse pas prendre par la foule. Il s’arrête, il partage. C’est le cas avec la belle-mère de Pierre. Nous pourrions dire qu’elle est pistonnée. Nous ne savons pas de quelle maladie elle souffre, il est juste fait mention d’une fièvre. Après la synagogue, Jésus se rend dans la maison de Pierre. Pour quoi faire ? Sûrement pour manger. Mais la maîtresse de maison n’est pas là. C’est peut-être la manifestation de son mécontentement vis-à-vis de Jésus qui lui a pris son gendre. Jésus prend avec lui des disciples, il prend la main de la belle-mère, il la guérit et « elle les sert ». C’est comme une résurrection pour elle, un changement de personnalité.

    Jésus ne se laisse pas gager par l’activisme. Il se retire dans un endroit désert pour prier. Il s’entretient avec le Père. Le silence et la prière sont une nécessité.

    Nous avons nous aussi des fragilités. Lorsque nous visitons des malades, ceux-ci peuvent nous aider. Nous ne faisons pas que donner, nous recevons aussi. Parfois, ce sont les malades qui remontent le moral de ceux qui les visitent.

    Les disciples voudraient garder Jésus pour eux. Mais Jésus leur répond : « Allons ailleurs ». Il faut « sortir », pour reprendre un mot souvent employé par le pape François. Sortir, c’est aller au-delà du cercle des sympathisants. Dieu lui-même est sorti en la personne de son fils. Nous nous rendons compte que notre monde ne va pas très bien mais en même temps, nous voyons les choses merveilleuses accomplies par nos frères et sœurs.

    Quand saint Paul se plaint d’une « écharde dans sa chair », le Seigneur lui répond « ma grâce te suffit  car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 7 – 9). Nous aussi nous avons nos faiblesses et pourtant la puissance de l’amour nous est donnée. Nous l’avons cependant mise dans des vases d’argile.

    Plusieurs fois par jour, nous entendons « comment ça va ? ». Cela est dit machinalement, par politesse alors que cela pourrait être une bonne entrée en contact. Lors des obsèques, il y a une prière intitulée « Un amour m’attend ». Nous aussi, dans la prière, un amour nous attend. Avec l’Eucharistie, nous allons faire mémoire de celui qui a connu la souffrance, la fragilité. Il est allé jusqu’au bout. Mais, transfiguré par l’amour, il ne peut mourir. Jésus nous ouvre le chemin, il va vers la vie, la vie en abondance. Amen.

     

    Père Claude Houot.

     

    Notes prises lors de l’homélie du dimanche 08 février 2015 à Jarville.