Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 15 mars 2015 : Dieu a envoyé son fils pour que le monde soit sauvé

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 15 mars 2015
  • Prêtre Homélie: François Geoffroy
  • Lectures:

    Deuxième livre des Chroniques 36, 14 – 16. 19 – 23.

    Psaume 136.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Ephésiens 2, 4 – 10.

    Evangile selon saint Jean 3, 14 – 21.

  • Homélie:

    Le début de l’Evangile est une allusion à la marche du peuple dans le désert quand il rencontre des serpents à la morsure brulante. Moïse fait alors un caducée : il fait un serpent d’airain qu’il met au sommet d’une perche et celui qui le regarde est sauvé. Jésus ajoute que le caducée nouveau est sa croix où est montrée la force de l’amour de Dieu pour nous.

    Jésus porte attention aux foules affamées, aux exclus, aux pécheurs à qui il apporte le pardon. Sur la croix, tout est résumé. Jésus prend toutes nos souffrances, et en premier celles de sa mère qu’il confie à Jean. Il prend nos péchés : « Père pardonne-leur ». Il regarde le bon larron : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Il a épousé notre condition humaine ; ainsi, il crie « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » puis il remet tout dans les mains de Dieu.

    A propos du tableau Le Fils prodigue de Rembrandt, un commentaire dit que « les vrais regards sont ceux qui nous espèrent ». Jésus sur la croix nous espère toujours. C’est aussi un appel pour nous à regarder les autres de la même manière que Jésus nous regarde. Ainsi, face à la haine, à la violence, il faut opposer l’amour. Autrement, il y a toujours plus de haine, de violence. C’est facile à dire le dimanche à l’église, mais ce n’est pas si évident. Nous n’avons pas de vocation de martyr, nous n’avons pas envie de porter notre croix. Quand des extrémistes commettent des exactions à l’autre bout de la planète, nous n’avons qu’une envie : que nos avions les bombardent.

    Ecoutons ce qu’un non-croyant nous dit pour que la violence soit extirpée. Il s’agit de Nicolas Hénin, ancien otage de Daech. Il répond par une parabole. Dans la cour d’une école, un voyou terrorise un camarade. Celui-ci se plaint à la maîtresse qui gronde le voyou. Le lendemain, il y a encore de la brutalité de la part du voyou ; l’enfant se plaint à la maîtresse qui réprimande à nouveau le voyou, et ainsi de suite. Le souffre-douleur finit par chercher des malfrats qui tapent dur. Cette fois, c’est le voyou qui se plaint à la maîtresse. Le cycle de la violence se poursuit. Il est sûr que les bombardements ne touchent pas Daech au cœur mais cela accélère la montée au djihad de jeunes perdus dans notre société et qui pensent qu’ils peuvent avoir un avenir là-bas et rendre service. Il faut assécher ce qui fait la violence.

    Ce qui nous rend heureux, c’est le regard de Dieu qui nous espère. Les personnes qui nous font grandir sont ceux qui nous ont aimé. Même quand Dieu est cloué sur la croix, il espère encore en nous. Portons sur les autres un regard qui les fera grandir en humanité et qui ne fasse pas grandir la haine et la violence.

    Père François Geoffroy.

    Notes prises lors de l’homélie du dimanche 15 mars 2015 à Jarville.