Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 02 avril 2015 : Jeudi Saint

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: jeudi, 02 avril 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre de l’Exode 12 1 – 8. 11 – 14.

    Psaume 115.

    Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 11, 23 – 26.

    Evangile selon saint Jean 13, 1 – 15. 

  • Homélie:

    Les trois lectures nous parlent de Pâques et nous donnent les trois significations de ce que Jésus célèbre et donc nous célébrons.

    Nous faisons tout d’abord mémoire de la première Pâque, celle des juifs. Elle s’est produite avant, quand les Hébreux était esclaves en Egypte ; c’est la nuit au cours de laquelle Dieu leur a dit de sacrifier l’agneau. L’agneau est signe de sacrifice mais aussi nourriture : Dieu veut fortifier son peuple. Il fait alliance éternelle et demande à ce qu’il en soit fait mémoire tous les ans. Ainsi, Jésus fête la Pâques. Pendant l’offertoire, les paroles « tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donne ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes » correspond à une prière juive.

    Le repas que Jésus prend avec ses disciples a sûrement commencé par une prière (nous pouvons nous aussi commencer nos repas par le bénédicité). Tout à coup, Jésus prend le pain et dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps ». Si nous avions été là, nous nous serions demandé ce qui arrivait à Jésus. Il fait ensuite la même chose avec le vin : « Buvez-en tous car ceci est mon sang ». Ce sont des paroles extrêmement fortes.

    Jésus dit également : « ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». A Gethsémani, il prie. C’est là où il est livré, torturé, jugé pendant la nuit. Un procès pendant la nuit ne s’était jamais vu.

    Le pain et le vin sont vraiment le corps du Christ. L’Eucharistie est une vraie nourriture. Parfois, nous pensons ne pas être digne de communier, comme si cela était réservé aux forts, aux parfaits. Non, c’est parce que nous sommes faibles, fragiles, pécheurs que nous avons besoin que Jésus vienne nous visiter. Une petite anecdote peut être racontée : dans une famille, le dernier enfant n’avait pas encore fait sa première communion. Un jour pourtant, il communie, sans avoir fait la préparation au préalable. Face aux reproches, sa réponse est parfaite : « cela a tellement fait plaisir à Jésus ». Pourquoi vais-je communier ? Qui est le plus heureux ? C’est Dieu qui s’invite, qui se donne. C’est la joie de Dieu qui vient nous visiter. Il se fait nourriture pour nous.

    Jusqu’où le Seigneur va-t-il pour nous ? La réponse est dans le geste de Jésus qui s’agenouille devant les apôtres. Pierre, le premier pape, refuse. Quel est le sens du lavement des pieds ? Lors du baptême, avec un peu d’eau sur la tête, toute la personne est lavée de son péché mais il faut avant reconnaître que nous avons besoin d’être lavé. Nous, n’avons-nous pas besoin d’être relavé de temps en temps ? C’est la confession. La richesse reçue au baptême est parfois perdue, oubliée. Dire que je n’ai pas besoin de me confesser, c’est dire que je n’ai pas envie que Jésus soit à genoux devant moi. La confession, ce n’est pas un prêtre qui écoute, c’est Jésus qui est à genoux, qui se fait serviteur de chacun de nous.

    Suis-je prêt à laisser le Christ me laver les pieds ? Suis-je prêt à devenir serviteur de mes frères ? Saint Vincent de Paul disait que les pauvres sont nos maitres.

    Le Christ qui vient nous visiter est en joie. Mais ai-je soif de cette visite ? Comment vais-je à la messe ? Suis-je heureux de croire en Dieu et de l’accueillir dans ma vie ?

    Suis-je prêt à veiller et à prier ? Jusqu’à samedi soir, saurai-je prendre du temps pour accompagner le Christ ? Les apôtres eux-mêmes ont dormi. Prenons le temps de veiller, d’accompagner Jésus.

    Jésus meurt pour nous sur la croix. Il entre dans le silence de la mort, il descend dans les enfers, il visite les patriarches pour ressurgir dans la nuit de Pâques. Laissons le Christ  nous visiter, nous laver les pieds, combler nos vies et nos cœurs. Amen.

    Père Philippe Gauer.

    Notes prises lors de l’homélie du jeudi 02 avril 2015 à Ludres.