Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 04 avril 2015 : Veillée pascale

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: samedi, 04 avril 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre du livre de la Genèse 1, 1 – 2, 2.

    Livre du livre de la Genèse 22, 1 – 13. 15 – 18.

    Lecture du livre de l’Exode 14, 15 – 15, 1a.

    Lecture du livre d’Isaïe 55, 1 – 11.

    Lecture du livre d’Ezéchiel 36, 16 – 17a. 18 – 28.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Romains 6, 3b – 11.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu.

  • Homélie:

    Frères et sœurs, nous voici entrés dans la joie de cette nuit où brille la lumière du Christ ressuscité. Oui, le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Il n’y a jamais eu d’information plus importante dans toute l’histoire de l’humanité. Et cette merveille s’actualise tous les ans pour les croyants.

    Nous venons d’entendre par les lectures de l’Ancien Testament le projet de Dieu. Il a voulu créer l’univers pour donner la vie à l’humanité. En créant l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance, il les appelait à devenir ses enfants en Jésus-Christ et par Jésus-Christ, son fils unique, le bien-aimé. Créés à l’image du Verbe de Dieu, notre vocation est de partager sa vie et son amour.

    Pari fou de Dieu qui nous offrait la liberté pour que nous puissions choisir d’entrer dans son projet d’amour. Mais l’orgueil a conduit l’homme à la désobéissance… Mais Dieu, dans sa grande miséricorde, avec une infinie patience, est parti à la recherche de la brebis perdue. Il n’a cessé d’appeler l’homme : Adam, où es-tu ? Abraham, avec confiance, a répondu dans la foi. Il s’est mis en route, confiant dans la promesse. Sa foi était tellement grande qu’il était prêt à sacrifier son fils unique si Dieu le lui demandait parce que la promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel lui avaient été faites. Habité par cette même foi, Moïse quitte l’Égypte avec le peuple hébreu fuyant un odieux esclavage. La mer Rouge s’ouvre en deux pour laisser passer le peuple et engloutir les ennemis. Non, ce ne sont pas des récits mythologiques. Ce sont les actions de Dieu qui libérait son peuple et préparait la venue de son fils. Pourquoi ne pas croire à ces signes dans la vie d’Abraham ou de Moïse, si nous croyons qu’ils en annoncent un autre encore plus grand : la résurrection du Christ.

    Le prophète Ezéchiel va encore plus loin, annonçant un rêve fou à la suite d’Isaïe. Dieu va venir changer le cœur de l’homme. Il va lui donner un cœur nouveau et un esprit nouveau. Comment ce cœur de pierre pourrait-il devenir un cœur de chair ? Cela vaut-il le coup de refuser le mal et de choisir le bien dans un monde où la violence cherche à s’imposer ? Question d’hier et d’aujourd’hui.

    Ces prophéties n’étaient pas des rêves utopiques. Quand les temps furent accomplis, le Verbe s’est fait chair et il est venu habiter parmi nous. Mais la lumière est venue dans le monde et les ténèbres l’ont rejetée. Dans son immense amour pour nous, le christ se fait obéissant à son père jusqu’à la mort, la mort sur la croix. Injustement condamné, torturé puis mis à mort sur la croix, il ait été mis au tombeau. Mais la mort n’a pas pu le retenir. À l’aube du premier jour de la semaine, Marie-Madeleine et l’autre Marie se rendent au tombeau. Et la, au milieu d’un tremblement de terre, l’annonce leur est faite par un ange : le Christ est ressuscité. Il est bien vivant, ressuscité, réveillé du sommeil de la mort. Ces joyeuses qu’elles quittent le tombeau. Elles avaient juste entendu une parole : « il est ressuscité d’entre les morts ». Avec joie, elles accueillent cette Bonne Nouvelle. C’est la foi, foi en la promesse. Même sans avoir encore vu le Christ, elles croient. Elles croient en une parole, en une Bonne Nouvelle qui leur est dite. C’est sur le chemin du retour qu’elles font la rencontre du ressuscité. Après avoir cru, elles font l’expérience de la rencontre. Elles peuvent le reconnaître car elles croient. Elles croient car une Bonne Nouvelle leur a été annoncée : le Christ est vivant, ressuscité.

    C’est notre chemin ce soir. C’est le chemin de Fanny qui, tout à l’heure, va recevoir le baptême. Comme Marie-Madeleine et l’autre Marie, comme Fanny ou Lucile qui communiera ce soir pour la première fois, nous avons entendu la proclamation de cette nouvelle si extraordinaire – si incroyable devrais-je dire et pourtant si vraie. Le Christ est vivant. Ressuscité.

    Mais ce n’est pas un simple fait historique sur lequel des scientifiques pourraient se pencher et en fonder l’authenticité. C’est une réalité qui transcende le temps. Ce soir nous serons tous, à la suite de Fanny, appelé à proclamer notre foi, notre foi en la résurrection de Jésus de Jésus vivant, ici et maintenant. Car cette foi ne peut se limiter à une certitude, une connaissance, elle doit devenir rencontre. Ce sera déjà la rencontre du baptême. Rappelez-vous ce que Paul disait aux Romains : en communion avec lui par sa mort, mis au tombeau avec lui par le baptême, nous serons en communion avec lui par sa résurrection pour mener une vie nouvelle. Voilà bien la promesse d’Ezéchiel qui se réalise. Par le baptême, Dieu nous donne un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pendant ce carême, grâce au sacrement de la confession ou de la réconciliation, nous avons été renouvelés dans la grâce du baptême. Mais cette vie nouvelle s’enracine dans la communion. Si le baptême nous ouvre à une vie nouvelle, la vie divine, c’est pour vivre avec lui, en communion avec lui, lui en nous et nous en lui. Car voilà la vie nouvelle du chrétien : vivre de la vie du ressuscité dans sa joie et dans sa paix pour aimer comme lui.

    C’est notre joie ce soir. Non seulement la joie d’être plongés dans ce grand mystère de la mort et de la résurrection, mais aussi la joie de l’Eucharistie, la joie de la communion. Ce soir, le ressuscité vient à notre rencontre et se fait nourriture. Il vient nous rencontrer dans le concret de nos vies, dans nos joies et nos peines. Parce qu’il a pris sur lui, sur sa croix, nos souffrances, il nous partage sa résurrection. Laissons la résurrection du Christ transformer nos vies par le feu de l’Esprit Saint. Devenons des ressuscités à la suite du Christ et soyons témoins de ce grand mystère qui nous est révélé et dans lequel nous sommes entraînés. Oui le Christ est ressuscité pour qu’à notre tour nous soyons des ressuscités et que nous puissions le manifester par toute notre vie. Oui, frères et sœurs, entrons dans la résurrection du Christ pour en vivre et demeurons dans cette joie.

    Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Alléluia !

    Père Philippe Gauer.

    Homélie du samedi 04 avril 2015 à Ludres.