Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 19 avril 2015 : 3e dimanche de Pâques (Apparition du Christ aux disciples)

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 19 avril 2015
  • Prêtre Homélie: Jacques Neu et Robert Choné
  • Lectures:

    Livre des Actes des Apôtres 3, 13 – 15. 17 – 19.

    Psaume 4.

    Première lettre de saint Jean 2, 1 – 5a.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 35 – 48. 

  • Homélie:

    Il n’est pas facile pour les apôtres de croire en la résurrection. Pourtant, ils croyaient en Jésus, ils l’avaient suivis pendant trois ans. Quand Jésus en parlait, ils ne voulaient pas croire à sa mort. A Pierre qui voulait l’en dissuader, Jésus répond « Arrière Satan ». Satan fait tout pour nous détourner de la sainteté, de la fraternité.

    Sur le chemin d’Emmaüs, deux disciples avancent, tristes. Quelqu’un à leur côté leur demande pourquoi ils sont tristes. Tu n’es pas au courant ? C’était trop beau. Jésus leur parle alors des Ecritures. Une fois arrivés, les deux hommes invitent Jésus. Il entre avec eux, prend le pain. Les disciples le reconnaissent à la fraction du pain et Jésus disparaît.

    Les hommes sont changés. « Le cœur était tout chaud. » Ils veulent aller vite à Jérusalem pour raconter aux autres apôtres ce qu’ils ont vécu. Alors que les apôtres parlent, Jésus est là. Il leur dit « La paix soit avec vous ». C’est déjà ce qu’il leur a dit quand il leur est apparu en l’absence de Thomas puis quand il leur est apparu en présence de Thomas. Il ne s’agit pas de la paix à la façon des hommes. C’est pour que les cœurs soient en paix. Jésus est là pour nous donner la paix qui vient de Dieu. « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? » C’est bien moi. De nouveau, Jésus leur parle de tout ce qui était dans l’Ancien Testament. Il devait souffrir et ressusciter. Ce que disaient la loi de Moïse, les prophètes, tout s’est accompli. Jésus vient rassurer les apôtres, mettre la paix dans leur cœur. Il leur fait comprendre qu’il est le chemin de vérité qui conduit vers le Père, un Père plein de miséricorde.

    Si je crois en la miséricorde du Père, j’aurai la paix en moi. Ce n’est pas facile. Nous avons nos ennuis, nos préoccupations. Mais Jésus les connaît. C’est au milieu de nos vies, de nos préoccupations qu’il veut venir pour que nous soyons forts, pour que nous témoignions de sa vie. Nous croyons en Jésus ressuscité qui a promis d’envoyer l’Esprit Saint. Les apôtres n’osaient pas parler ; il a fallu la Pentecôte. C’est dans la petitesse, l’humilité que nous réaliserons notre vie, c’est-à-dire témoigner de ce dont nous sommes porteurs par notre baptême.

    Dans la première lecture, Pierre rappelle aux Pharisiens ce qu’ils ont fait. Il est difficile d’admettre que quelqu’un vienne remettre en cause notre vérité. Pierre le payera de sa vie, comme tous les apôtres (sauf Jean qui meurt de vieillesse), martyrs. Nous pensons aux martyrs du Moyen Orient, torturés, assassinés à cause de leur foi. Avec eux, nous sommes l’Eglise. Portons les dans notre prière. Le mal était au pied de la croix, il est encore là aujourd’hui. Mais Jésus a dit « N’ayez pas peur ». Soyons du côté du bien. Demandons au Seigneur qu’il nous aide à vivre de sa force et témoigner de son amour.

     

     

    Père Jacques Neu

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 18 avril 2015 à Laneuveville.

     

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    L’Eglise débute avec une poignée d’hommes et de femmes qui prennent tous les risques pour dire : « Il est ressuscité ». Très vite, ils passent de la peur à la joie, du découragement à la passion. Eux qui étaient muets, abattus se mettent à sortir et à courir. Pierre le dira ainsi : « Nous ne pouvons pas nous taire ». Pour répondre à ceux qui critiquent les apôtres (ce sont des exaltés ; les femmes, simplement des femmes amoureuses), les Evangiles insistent sur la réticence des disciples eux-mêmes (comme saint Thomas) et de l’autre côté Jésus qui veut se faire reconnaître.

    Jésus n’apparaît jamais à une personne seule. Il apparaît toujours à des disciples réunis, pour prier, pour se réconforter. La foi n’est pas une affaire intimiste. Certes, il y a mon « Je croix ». Mais ce « Je crois » prend tout son poids dans la communauté. Tous les apôtres ont été des témoins. Baptisés, nous sommes témoins à leur suite.

    Témoin vient du grec « martyr ». Quasiment tous les apôtres sont morts martyrs. Aujourd’hui encore, certains sont martyrs. Nous pouvons penser aux moines de Thibirine, aux chrétiens d’Orient, aux migrants sur leurs bateaux de fortune, persécutés pour leur foi.

    Témoin a un autre sens, sportif : c’est le témoin que l’on se passe de main en main lors d’une course et qu’il ne faut pas laisser tomber. La foi se passe de main en main, de cœur en cœur. Cela vient de mes grands-parents, de mes parents, et je continue avec les enfants, mes petits-enfants.

    C’est une chaine d’amour pour laquelle nous devons être prêt à nous battre. Une question : combien de fois prenons-nous la parole en famille, au travail pour dire « Moi, j’y crois » ? Il ne s’agit pas de dire sans arrêt « Christ est ressuscité » mais témoigner par nos actes. Si nous n’osons pas, tout un monde sera sevré du soleil qui donne sens à nos vies. L’Eglise n’a pas d’avenir si nous ne sommes pas témoins.

    Ayons le courage de témoigner par nos vies données « Christ est ressuscité ».

     

     

    Père Robert Choné

     

    Notes prises à partir de l’homélie du dimanche 19 avril 2015 à Jarville.