Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 22 mars 2015 : Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 22 mars 2015
  • Prêtre Homélie: Robert Choné
  • Lectures:

    Livre du prophète Jérémie 31, 31 – 34.

    Psaume 50.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux 5, 7 – 9.

    Evangile selon saint Jean 12, 20 – 33.

  • Homélie:

    « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Ces mots du Christ ne sont pas compris par ses disciples. Pour certains, cela signifie quand le Christ aura été élevé dans la gloire, puissant. Ils se trompent. Jésus savait qu’élevé signifiait mort sur une croix, mort impudique avec les corps nus pouvant être laissés en croix pendant plusieurs jours. Il faut beaucoup de temps aux disciples pour comprendre que la mort sur la croix n’est pas une honte mais est notre honneur. C’est la folie chrétienne que d’avoir comme emblème un signe incompréhensible et choquant pour beaucoup : un homme élevé sur une croix.

    Regarder le Christ sur la croix donne sens à notre vie. Nous sommes appelés à regarder avec respect tous ceux qui sont crucifiés (les malades, les réfugiés,…) : ils restent des hommes malgré leurs visages défigurés. Nous élevons nos regards vers les pauvres, les chômeurs, les blessés,… ; nous ne baissons pas notre regard vers eux. Si nous avons ce regard, ils gardent leur dignité. Ne jouons pas sur les mots : les soi-disant petits sont plus grands que nous. Ils sont élevés à la hauteur du Christ. Si nous ne pouvons pas admirer ceux qui se battent pour manger, travailler, être loin de la guerre, alors pourquoi regardons-nous le Christ ? L’Eglise de France, avec Diaconia et le rassemblement à Lourdes, nous invite à servir la fraternité. Il faut découvrir comment les pauvres nous enrichissent.

    J’ai été prêtre dans des quartiers marqués par la pauvreté. Ces habitants m’ont donné la foi. J’ai découvert une humanité extraordinaire derrière des visages blessés. Ils sont plus généreux que moi.

    Les pauvres nous délogent de nos égoïsmes. Nous avons la chance d’avoir le pape François qui veut faire une Eglise pauvre pour les pauvres : « Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités ». Elevons-nous en allant à la rencontre des hommes et des femmes exclus d’une vie digne.

    Père Robert Choné.

    Notes prises lors de l’homélie du dimanche 22 mars 2015 à Jarville.