Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 1er mars 2015 : La transfiguration

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 01 mars 2015
  • Prêtre Homélie: Etienne Kern et Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre de la Genèse 22, 1 – 2. 9 – 13. 15 – 18.

    Psaume 115.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 31b – 34.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2 – 10.

  • Homélie:

    « Jésus prit le pain, le bénit, le rompit et leur donna ». Cela renvient plusieurs fois dans les Ecritures (lors de la multiplication des pains, avec les disciples d’Emmaüs) et aujourd’hui au moment de la consécration. Jésus prit le pain : c’est le choix de Dieu ; le bénit ; le rompit : c’est le mystère de la croix ; le donna : c’est le mystère de la mission. Il ne s’agit pas que de pain. C’est le corps du Christ, l’Eucharistie. Nous, Eglise, nous passons par ces quatre verbes : Dieu nous prend, nous bénit, nous rompt et nous envoie.

    Dans la première lecture, Dieu appelle Abraham. Ce sera ensuite Moïse, Samuel,… Il faut revenir à la fraicheur du premier appel. Nous souvenons-nous du premier amour ? En décembre, lors de ses vœux à la Curie, le pape François a listé quinze maladies. Ces maladies ne concernent pas que la Curie. Elles sont valables pour nous aussi. Parmi ces quinze maladies figure l’Alzheimer spirituel. Cela signifie perdre la mémoire du premier appel. On peut faire beaucoup de choses pour l’Eglise mais perdre ce souvenir. Revenir ici est une façon pour moi de me souvenir, de me souvenir du passage de Dieu dans ma vie. L’œuvre de Dieu est comme une goutte d’eau qui tombe continuellement sur une pierre et qui finit par la percer.

     

     

    Ce n’est pas seulement pas être choisi. C’est aussi être béni par Dieu.

     

    « Il le rompit. » Nous passons tous par le mystère de la croix. C’est ce qui nous tombe dessus et auquel on ne s’attendait pas. Dieu nous met à l’épreuve, comme Abraham. Devant la croix, nous avons le choix : se révolter, s’écraser ou la porter humblement. La porter ensemble. Etre ensemble est important, c’est donc attaqué par le diable qui veut nous isoler. Dans l’appel à la conversion lancé à la Curie, le pape demande d’arrêter de critiquer, d’assassiner la réputation des frères. La vérité sans la charité n’est plus la vérité. Pendant le Carême, nous pouvons jeuner de nourriture mais aussi de ce qui nous sépare de Dieu, comme les mauvaises paroles. Un proverbe tibétain dit « Si tes paroles ne sont pas plus riches que le silence que tu brises, alors tais-toi ».

     

     

    « Il leur donna » : c’est la mission. C’est une joie d’être avec les plus pauvres, de les aider, de témoigner auprès d’eux des joies de l’Evangile. Il s’agit d’accompagner les enfants des rues, les filles enceintes dès l’âge de 13 ans, les femmes du quartier qui sont les forces de la communauté dans la paroisse de sainte Marie des marécages où je suis en mission depuis quatre ans. Les conditions sont plus dignes maintenant mais j’y ai toujours expérimenté la présence de Dieu.

    Dans ce quartier, les gens témoignent : Avec tout ce que j’ai vécu, comment ne pas croire en Dieu ? Si je suis toujours là, c’est parce que Dieu est bon. Pour les pauvres, les difficultés sont l’occasion de rendre grâce à Dieu pour sa fidélité.

    On peut être missionnaire au Brésil, mais vivre la mission commence ici. C’est donner la joie, transmettre la foi. Le chrétien qui n’évangélise pas est comme une eau rance. On perd ce qu’on ne partage pas.

     

     

    Rendons grâce à Dieu pour ces quatre mystères de notre vie. Amen.

     

    Père Etienne Kern.

     

    Notes prises lors de l’homélie du samedi 28 février 2015 à Heillecourt.

     

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    Que signifie « transfiguré » ? Le mot transfiguré fait penser au mot transformation. Certains ont peut-être déjà vu le film Transformers, avec des robots qui se transforment et changent d’aspect. Ici, transfigurer veut dire changer de figure, changer de visage. Le visage et le corps de Jésus ont changé : ils sont d’une grande blancheur, remplis de lumière.

     

     

    Que signifie cette transfiguration ? Cela signifie deux choses.

    Jésus est-il homme ou Dieu ? Il est les deux en même temps et n’est pas la moitié de chaque. Comment ? C’est un mystère, quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre. Jésus est un homme qui vit avec les hommes de son temps. C’est le fils de Marie et Joseph. Quand on le regarde, on voit son visage d’homme. Et pourtant il est aussi Dieu. Sous son visage d’homme se cache le cœur de Dieu car il est aussi Dieu, le fils de Dieu, le fils du Père. Ce n’est pas seulement un prophète, un homme meilleur que les autres. Cette lumière qui resplendit, qui vient du dedans nous le montre : c’est la lumière de Dieu. Jésus est Dieu.

     

    Nous sommes dans le Carême. A Pâques, nous allons fêter la résurrection. Pourquoi Jésus est-il ressuscité ? Car il est mort sur la croix. A ce moment, Jésus est en train de monter à Jérusalem. Il sait ce qui va se passer, il sait qu’il va être arrêté, torturé, condamné. Il sait aussi qu’il ressuscitera le troisième jour. Il sait le prix de sa passion, de ses souffrances, de ses tortures, de sa mort horrible sur la croix. Comme il sait tout cela, il pourrait fuir ou aller ailleurs. Jésus n’a pas envie de souffrir, de mourir. Mais il veut monter à Jérusalem pour sauver le monde, pour que tout le monde ait sa place au ciel, pour apporter le pardon. Voici l’amour de Dieu. Jésus annonce à ses disciples qu’ils vont voir sa mort, que ce sera terrible. Mais ce ne sera pas la fin de toute chose. Ce sera le triomphe de l’amour. Par sa transfiguration, Jésus annonce aussi sa résurrection. Après son séjour dans le tombeau, le troisième jour, il ressortira avec un visage nouveau, un visage de lumière, un visage de ressuscité.

     

     

    Quel sens cela a-t-il pour nous ?

    Que signifie avoir reçu le baptême ? C’est être enfant de Dieu. Nous avons reçu en nous l’Esprit Saint, la lumière de Dieu. Que faisons-nous de cette lumière ? Est-elle cachée en nous ? Est-ce que cela se voit sur mon visage, dans mes paroles, dans mon comportement ? Est-ce que je vis avec la présence de Dieu vivante en moi ? Ou est-ce que je vis comme si Dieu n’existait pas ? Comment est-ce que je vis ? Est-ce que je vis en présence de Dieu qui m’aime tellement qu’il est venu en moi le jour de mon baptême ? Ou est-ce que je vis comme si je ne connaissais pas Dieu ? Le baptême est-il la lumière qui m’aide à vivre tous les jours ? Cette lumière se voit-elle dans mon cœur ? Dans ma vie ? SI j’ai oublié la lumière de Dieu, suis-je prêt à la rechercher ?

    Quand on oublie l’amour de Dieu, nous voyons beaucoup de choses horribles. Il est urgent de retrouver le chemin de la lumière de Dieu. Il faut que Dieu soit la lumière pour notre cœur et que nous soyons la lumière pour les autres. Chaque jour, est-ce que je prends un temps de prière, pour écouter la présence de Dieu en moi ? Si on oublie Dieu, on oublie son amour. C’est terrible. Dieu nous aime : Réveille-toi d’entre les morts, entre dans la lumière.

    Sur l’autel, le pain et le vin seront déposés. Que deviennent-ils ? Ils deviennent le corps et le sang de Jésus. Est-ce que cela se voit ? Non, ils gardent l’apparence du pain et du vin. Pourtant, c’est bien le corps et le sang du Christ. En recevant l’Eucharistie, c’est le corps de Dieu, la présence de Dieu que nous recevons. C’est comme les apôtres : ils voient un homme mais aussi Dieu en lui. L’Eucharistie est pareille : nous voyons le pain et le vin mais c’est aussi Dieu. C’est comme pour le baptême, nous voyons une personne et pourtant Dieu est présent en elle.

     

     

    La transfiguration nous rappelle le baptême, l’Eucharistie. Lorsque je vais communier, j’accueille Jésus dans mon cœur. La foi, c’est croire que Dieu nous aime tellement qu’il veut nous rencontrer chaque jour, particulièrement le dimanche.

     

     

    Père Philippe Gauer.

     

    Notes prises lors de l’homélie du dimanche 1er avril 2015 à Jarville.