Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 03 mai 2015 : 5e dimanche de Pâques (Celui qui demeure en moi et moi en lui porte du fruit)

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 03 mai 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre des Actes des Apôtres 9, 26 – 31.

    Psaume 21.

    Première lettre de saint Jean 3, 18 – 24.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1 – 8.

  • Homélie:

    Les trois lectures nous indiquent les trois étapes de la foi chrétienne, de la plénitude de la foi chrétienne.

    Souvent, lorsque nous demandons aux gens s’ils croient en Dieu, beaucoup répondent oui. Ce sont souvent des pourcentages élevés de gens qui déclarent croire en Dieu. Mais est-ce que croire en Dieu est suffisant ? Saint Jean nous dit que non. Il nous donne des commandements nouveaux : « mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé ».

    Etre chrétien, ce n’est pas croire que Dieu existe là-haut et nous aime de là-haut. Quelque soit leur religion, beaucoup de croyants peuvent affirment cela : musulman, indou, bouddhiste, animiste,… Etre chrétien, c’est croire que Dieu nous aime tant qu’il se fait proche de nous en nous envoyant son fils. Le cœur de la foi chrétienne, c’est croire que le fils de Dieu veut demeurer en nous et que nous demeurions en lui. Ce Dieu auquel je crois m’aime tellement qu’il veut demeurer dans mon cœur. Comment accueillir Jésus dans mon cœur ? C’est le thème du baptême : accueillir la vie de Dieu en nous, laisser le Christ vivre en nous et vivre de sa présence. C’est la première étape de la foi chrétienne : accueillir le Christ en nous. Il y a d’autres façons : en communiant, en écoutant la Parole de Dieu. Quand je communie, quand j’écoute la Parole de Dieu, c’est Jésus que j’accueille en moi ; c’est pour cela que la messe est importante car je veux accueillir Dieu dans ma vie. Mais notre monde meurt de son indifférence à Dieu. Nous vivons comme si Dieu n’existait pas, nous l’oublions pendant la journée. Nous pouvons dire : j’ai prié ce matin, j’ai prié ce soir, j’ai fait mes Pâques. Mais avons-nous vraiment accueilli Dieu en nous ? Avons-nous ce cœur à cœur avec Dieu ? On parle souvent de vivre ensemble. Le premier vivre ensemble, c’est vivre avec Dieu. La première étape est de croire en Jésus Christ pour le laisser entrer en nous, par l’écoute de sa Parole, par l’Eucharistie.

    Ensuite, le texte nous parle de l’Esprit Saint. Jésus nous donne part à son Esprit. Saint Jean dit que quand j’accueille Jésus dans mon cœur, j’accueille aussi l’Esprit Saint. Nous pouvons utiliser l’image du sarment, des petites branches qui poussent sous la vigne. Si on coupe ces petites branches, elles meurent, deviennent du bois sec. Qu’est-ce qui fait qu’une branche vit ? C’est la sève. L’Esprit Saint est comme la sève. Quand je laisse Jésus demeurer en moi, je reçoit la sève qui est l’Esprit Saint ; l’amour de Dieu descend dans mon cœur et coule dans mon sang. Plus je suis attaché à Jésus (avec la messe, le catéchisme, des temps de prière), plus j’accueille l’amour de Dieu en moi. En accueillant les sacrements (l’Eucharistie, la confession), nous nous laissons transformer par l’Esprit Saint. Il transforme notre cœur, notre vie, notre agir (nous ne pouvons plus agir de la même façon avec l’Esprit Saint). Nous nous dirigeons vers la Pentecôte. Pour vivre une vraie Pentecôte, nous avons besoin de l’Esprit Saint.

    Que faisons-nous de cet amour de Dieu en nous ? L’Evangile nous dit « ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples ». C’est rendre service, visiter les prisonniers, aider les malades,… c’est-à-dire aller à la recherche des exclus. Quand j’accueille Jésus, le feu de l’amour de Dieu est en moi et je peux aimer plus. Pourtant, est-il facile d’aimer, de pardonner, de partager ? Non, il est plus facile de garder pour soi, de s’énerver,… Comment pouvons-nous prétendre aimer comme Jésus aime ? Nous en sommes incapables. Et pourtant, Dieu nous le demande. Nous demanderait-il quelque chose d’impossible ? C’est humainement impossible, mais pas si nous laissons l’Esprit Saint demeurer en nous. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Si la sève de l’Esprit Saint est en nous, nous serons des disciples. Ainsi, nous pourrons aller à la rencontre de l’exclu, du pauvre. Habité par le feu de l’amour de Dieu, notre cœur sera pris de compassion. Nous reconnaitrons le Christ présent dans notre frère. Si nous ouvrons notre cœur, le Seigneur habite en nous et l’amour de Dieu en nous est un aide pour aimer les autres.

    Suis-je vraiment chrétien ? Est-ce qu’il y a des gens que j’aime, des gens que j’aide, des gens seuls que je vais voir (par exemple dans la cour de l’école) ? Est-ce que j’ai demandé à Dieu de m’aider quand je vois quelqu’un en difficulté ? Ainsi, j’aurai la force de Dieu en moi. Si nous laissons le Christ demeurer en nous par les sacrements, nous serons vivifié par la sève de l’Esprit Saint et nous porterons du fruit. C’est en portant du fruit que nous montrons que notre foi est vivante. Et nous rendons gloire à Dieu pour cela.

    Laissons le Christ demeurer en nous. Ne le cherchons pas n’importe où mais dans notre cœur. Qu’il nous donne sa force et nous la donne pour aimer. Par la puissance de l’Esprit Saint, osons aimer comme le Christ nous a aimé. Amen.

    Père Philippe Gauer

    Notes prises à partir des homélies du samedi 02 mai 2015 à Pont-Saint-Vincent et du dimanche 03 mai 2015 à Neuves-Maisons.