Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 26 avril 2015 : 4e dimanche de Pâques (Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis)

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 26 avril 2015
  • Prêtre Homélie: Claude Houot et Jacques Neu
  • Lectures:

    Livre des Actes des Apôtres 4, 8 – 12.

    Psaume 117.

    Première lettre de saint Jean 3, 1 – 2.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 11 – 18.

  • Homélie:

    L’évangile nous présente aujourd’hui Jésus comme le pasteur. Je dirais le seul, le vrai, l’unique, c’est lui. Et Saint Jean ajoute : Il ne se comporte pas comme un mercenaire. Il n’y a pas si longtemps notre pape demandait aux prêtres de ne pas se comporter comme des fonctionnaires. Il est vrai que la tentation existe de gérer une paroisse comme n’importe quelle autre administration. Il ne faudrait pas qu’on en arrive à une église sous-administrée et sous-évangélisée.

    Dans l’ancien testament les rois étaient parfois comparés à des pasteurs chargés de guider leur peuple, de veiller sur lui, ce qu’ils ne faisaient pas toujours. D’où les invectives des prophètes contre les mauvais pasteurs.

    De nos jours dans l’Eglise catholique on n’emploie plus beaucoup ce terme. Toutefois nos frères protestants ont des pasteurs à la tête de leurs communautés.

    Probablement à cause de cet  évangile on appelait autrefois ce dimanche, le dimanche du bon pasteur. Et l’Eglise a fait de ce jour un dimanche de prières pour les vocations : vocations de prêtres, religieux et religieuses sans doute, mais si l’on en croit Saint Jean, nous sommes tous concernés du simple fait de notre baptême.

    La diminution du nombre des prêtres a de quoi nous inquiéter mais également de nous mobiliser toujours davantage.

    Naturellement on cherche des causes à cette pénurie : on parle de la situation politique et économique en général, du développement de l’égoïsme, du chacun pour soi, que sais-je encore.

    A mon humble avis, la vraie cause est à chercher dans le manque de foi. Ces paroles de Jésus ont de quoi nous inquiéter. « Lorsque le fils de l’homme reviendra sur la terre, trouvera-t-il encore la foi ?»

    Ceci étant, il nous faut raison garder. Nous vivons une situation de pauvreté c’est sûr, mais une pauvreté qui peut être un appel de la part du vrai berger qui lui aussi a connu l’isolement, la solitude, et même la trahison de ses proches. C’est lui qui nous redit aujourd’hui ce qu’il disait à ses apôtres il y deux mille ans : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans son champ ». Nous connaissons la suite.

    Le maître de la moisson, c’est Dieu notre Père. Il ne va quand même pas abandonner ses enfants qui crient vers lui mais que le monde ne connaît pas parce qu’il ne connaît plus Dieu. Voila ce que nous dit Saint Jean aujourd’hui. Avec lui, on en revient toujours  à l’amour dont Dieu nous aime.  «Voyez quel grand amour nous a donné le Père » j’ajoute en nous donnant son fils Jésus le vrai, le seul bon Pasteur. Il est là aujourd’hui dans cette église. Alors laissons-nous aimer par lui en accueillant sa parole et en mangeant son  pain de vie.

    Alors voyons maintenant comment s’y prend ce bon berger. En premier lieu il donne sa vie pour ses brebis .Bien sûr nous pensons tout de suite à la croix mais avant la croix, il y  toute sa vie qui pendant trente trois ans n’est que don .Après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout. C’est toujours du Saint Jean.

    Et s’il donne sa vie pour nous c’est parce qu’il nous aime et donc qu’il nous connaît. Nous sommes son troupeau. Je n’aime pas beaucoup ce terme parce que cela fait penser à l’instinct grégaire, aux moutons de Panurge. Ce qui évidemment n’est pas le cas pour ce qui nous concerne. Nous sommes son peuple, nous sommes sa famille. Nous lui appartenons dans le bon sens du terme comme un enfant appartient à son père mais qui garde sa liberté.

    Jésus définit son rôle de berger par opposition au mercenaire à qui les brebis n’appartiennent pas. Si un danger survient, c’est sa peau qu’il va essayer de sauver et pas celle de ses brebis. Il n’en a rien à faire. Il ne les connaît pas vraiment.

    Lorsqu’on n’est pas du métier on aurait bien du mal à distinguer une brebis en particulier, elles se ressemblent toutes ; Ce qui n’est pas le cas pour un berger qui aime son métier, il pourra distinguer celle qui est malade.

    Mais la connaissance dont parle Jésus c’est bien autre chose.

    Il faut distinguer entre connaître et savoir. Connaître quelqu’un ce n’est pas savoir des choses le concernant, son identité  ou autre chose. On peut vivre avec quelqu’un sans le connaître vraiment. Même dans un foyer il peut y avoir des surprises. Pour Jésus la connaissance à laquelle nous sommes appelés suppose communication, échange, dialogue. Elle concerne la pensée et le cœur, le partage d’une certaine intimité. Sans parler de la durée.

    Jésus met la barre très haut puisqu’il nous dit qu’il nous connaît comme il connaît son Père.

    Je ne veux pas répéter des lieux communs mais c’est un fait que nous vivons dans un monde où tout va très vite et pour se connaître il faut du temps. Il y a un  proverbe allemand qui dit que pour connaître son ami, il faut manger 10 kilos de sel avec lui .Dans notre monde on veut tout tout de suite surtout quand on est jeune.

    Et c’est souvent préjudiciable aux vocations. On s’engage avec enthousiasme et dès qu’une difficulté survient on remet tout en cause et on abandonne la partie.

    Durant la période où j’étais aumônier de lycée, un certains nombre de jeunes sont devenus prêtres ou moines et aujourd’hui ils vivent très bien leur sacerdoce.

    Par contre à mon avis certains ont trop vite baissé les bras.

    Mais c’est le cas parfois avec des laïcs. Que de fois n’ai-je pas entendu ces mots : « puisque c’est ainsi j’arrête tout. » Alors que les épreuves quand elles sont surmontées peuvent être une occasion de grandir et de faire un pas de plus dans la connaissance entre nous et avec le vrai berger qui est Jésus. Rappelons-nous ce qu’il disait à l’apôtre Paul qui se plaignait d’une épreuve qui le faisait souffrir : « ma grâce te suffit car c’est dans la faiblesse que ma puissance donne toute sa mesure

    Lui nous connaît au plus profond de nous-mêmes. Et quand il dit cela il ne pense pas seulement aux chrétiens que nous sommes mais il pense également à tous ceux qui d’une façon ou d’une autre organisent leur vie en dehors de Dieu. De faux bergers font tout pour sortir Dieu de nos vies. Mais Jésus ne cessera jamais de vouloir rassembler les enfants de Dieu dispersés.

    Et le Seigneur compte sur nous pour participer à sa mission de bon berger .Avec lui il n’y a pas de situation désespérée. Son amour est offert à tous les hommes. C’est à nous de le montrer à tous ceux que nous rencontrons en dehors de cette église, A nous de leur manifester quelque chose de la tendresse de Dieu. Il ne s’agit pas de les convertir de force mais d’entamer avec eux une connaissance qui si Dieu le veut touchera le cœur et le tout dans un climat de bienveillance. Retenons une chose : Dieu n’appelle pas que des enfants sages ; Voyez ceux qui faisaient partie de ses apôtres. Je pense à un jeune qui m’en avait fait baver pendant des années au lycée. Il a traversé en moto une bonne partie de la France pour venir me dire bonjour et il m’a dit qu’avec son épouse ils animaient une paroisse de Dunkerque. Merci mon Dieu.

    En communiant à cette messe, nous puisons à la source d’un amour qui est notre force et notre soutien.

    A nous de le mettre en œuvre en répondant du mieux que nous pouvons à l’appel du berger.

     

    Père Claude Houot

     

    Homélie du samedi 25 avril 2015 à Laneuveville.

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    Jésus dit que le bon pasteur est le vrai berger qui donne sa vie pour ses brebis. Quand nous avons découvert qui est Jésus, nous avons nous aussi envie de donner notre vie. Avec le baptême, Jésus nous envoie : « allez enseigner toutes les nations ». Il m’envoie l’Esprit Saint pour que je puisse témoigner en paroles et en actes. A travers les siècles, des hommes et des femmes Jésus et témoignent de son amour. Emplis de l’Esprit Saint, les apôtres se mettent à prêcher, alors que jusque là ils se cachaient, apeurés. L’Esprit Saint habite les apôtres dès les débuts de l’Eglise. Ainsi, ils peuvent partir sur les routes et témoigner de l’amour de Jésus.

    Saint Jean écrit « Mes bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne nous connaît pas ». Je pense à Damas, aux chrétiens assassinés qui restent fidèles à la Parole que Jésus a donné. On peut avoir l’impression que Dieu abandonne Jésus mais ce n’est pas Dieu qui tue Jésus : ce sont les hommes qui ne veulent pas de sa Parole de paix et d’amour. Quarante-cinq églises ont brulé en Afrique à cause de Charlie et de la France qui le soutient. Moi, je ne suis pas Charlie : j’essaie d’être Jésus Christ. Jésus soutient son Père ; il est l’expression de l’amour du Père pour l’humanité.

    Dans la famille, dans le quartier, au travail, nous sommes appelés à témoigner de l’amour de Dieu, de l’amour de Dieu pour les plus pauvres. Le pape le rappelle : soyons au contact de ceux qui sont seuls, malades, étrangers. Jésus va sur les places publiques : il nous demande de sortir pour témoigner. Partons vers ceux qui ne connaissent pas Dieu et à qui nous avons à porter le message de Jésus. Soyons habités par l’Esprit Saint pour témoigner.

     

     

    Père Jacques Neu

     

    Homélie du dimanche 26 avril 2015 à Jarville.