Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 24 mai 2015 : Pentecôte

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 24 mai 2015
  • Prêtre Homélie: Jacques Neu et Claude Houot
  • Lectures:

    Livre des Actes des Apôtres 2, 1 – 11.

     

    Psaume 103.

     

    Lettre de saint Paul aux Galates 5, 16 - 25

     

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 26 – 27 ; 16, 12 – 15. 

  • Homélie:

    Croyons-nous à la Pentecôte ? Les apôtres n’ont pas compris tout ce que Jésus avait dit. Ainsi, leur a-t-il promis de leur envoyer quelqu’un qui leur fera tout comprendre.

    Jésus est ressuscité mais il est reparti lors de l’Ascension. Certains disciples ont peur. Mais ils restent fidèles, ils veillent et ils prient comme Jésus leur a dit de le faire. Et c’est là qu’à la Pentecôte, un événement extraordinaire se produit dans leurs cœurs : l’Esprit Saint est dans leurs cœurs. Alors, ils ouvrent les portes et les fenêtres. Pierre, qui n’est pas un orateur, parle à la foule pour la première fois mais il n’a pas peur. Quand il a renié Jésus, il était le seul à aller aux renseignements : il voulait absolument savoir. Quand Jésus sort, leurs regards se croisent et Pierre pleure. Pierre est un homme comme nous, avec son caractère.

    Il n’est pas évident de témoigner quand on se sent seul. Mais à la Pentecôte, les apôtres comprennent que quelque chose s’est passé. Ils vont sur la route et enseignent aux nations.  

    Jésus a reçu un baptême d’eau par Jean-Baptiste, c’était un baptême de purification. Pas nous. Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Croyons-nous vraiment à la force de l’Esprit Saint ? Jésus a dit « Je vous précéderai en Galilée ». Mais il faut que nous sortions, que nous n’ayons pas peur de dire notre foi.

    La Pentecôte n’était pas hier. Dieu est l’éternel présent. Nous sommes dans le présent d’aujourd’hui. Nous pouvons saisir l’Esprit Saint si nous nous abandonnons à son action en nous. Jésus a dit « Je suis le chemin, la vérité, la vie » ; si je me laisse habiter par son amour, son esprit viendra en moi.

    L’Europe actuelle manque de témoignage. Il y a une mauvaise interprétation de la laïcité. Ainsi, il n’y a plus de catéchisme à l’OHS de Flavigny, leur magnifique chapelle sert de salle de jeu. Le démon se sert de toutes sortent de bonnes causes et les détourne de leur objectif. Des hommes se servent de la religion pour leur politique. Jésus n’a pas fait de politique mais il a gêné. Sa politique était de faire connaître l’amour du Père.

    Ayons de l’humilité devant Dieu et suivons-le sur le chemin où il nous précède et veut être avec nous. La Pentecôte est là. On peut manifester aujourd’hui encore la présence de Dieu au monde par Jésus qui a pris notre corps, notre langage pour témoigner. Il a donné sa vie par amour. En Syrie, en Irak, des gens restent chrétiens malgré les risques. Ils témoignent dans la souffrance. Soyons un. Ne nous détournons pas. Sachons aider ces chrétiens.

    La Pentecôte est une grande fête. L’humanité est aimée de Dieu et Dieu nous demande d’aimer l’humanité. Trois personnes, un seul Dieu : il y a trois actions qui peuvent paraître différentes mais chacune manifeste l’amour de Dieu pour l’humanité. Demandons à Jésus qu’il nous donne son esprit et que nous puissions témoigner de notre foi, comme tous ceux qui nous ont précédé.

     

    Père Jacques Neu.

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 23 mai à Laneuveville.

     

     

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    Nous voici arrivé au terme du temps pascal. Après Noël et Pâques, cinquante  jours après Pâques nous fêtons la Pentecôte nous fêtons la venue de l’Esprit et sur la population de Jérusalem, sur les pèlerins présents pour la fête Juive qui célébrait le don des tables de la loi à Moïse sur le Mont Sinaï.

    Notre Pâques s’était en quelque sorte greffée sur la Pâques Juive. Cette fois notre Pentecôte coïncide avec  une autre fête juive. Pas plus que notre Pâques, notre Pentecôte n’entend pas supprimer la fête juive. Mais d’une certaine manière elle la complète. C’est comme un accomplissement. Avant son départ Jésus avait promis à ses apôtres de ne pas les laisser seul mais de leur envoyer de la part de son Père l’Esprit qu’il appelle le Défenseur ou encore l’esprit de vérité.

    Un certain nombre de chrétiens ne sont pas toujours en phase avec l’Esprit Saint. On ne le voit pas, on ne l’entend pas. Finalement on se demande à quoi il sert. Et on le prend parfois pour une roue de secours. Ce qu’il n’est pas évidemment.

    D’autres par contre en font grand usage, parfois abusif en le mettant à toutes les sauces et en lui faisant faire des tas de choses pour ne pas dire n’importe quoi.  Il y a des courants charismatiques qui parfois abusent dans ce sens.

    Alors rappelons-nous la conversation de Jésus avec le vieillard Nicodème. Jésus emploie l’image du vent. Le vent nous dit Jésus, tu entends sa voix mais tu ne sais pas ni d’où il vient, ni où il va.

    Autrement dit-nous nous trouvons devant une réalité que nous ne voyons pas mais dont nous connaissons les effets. Et la première lecture de ce jour  en est un exemple. On imagine le bouleversement qui a du se produire ce jour là, aussi bien chez les apôtres que dans la foule. D’abord ce grand coup de vent qui secoue la maison où étaient les apôtres et ensuite ces langues de feu qui se posent sur chacun d’eux.

    Nous sommes en présence de deux éléments qui font partie d’un langage assez spécial qu’on retrouve dans la bible et qui sont liés au Saint  Esprit. C’est le langage du mythe, un langage qui nous décrit la condition humaine dans laquelle nous sommes plongés. Il décrit une situation qui est toujours d’actualité.

    Il utilise des mots qui reviennent souvent et par lesquels le Saint Esprit  peut se faire comprendre.

    Parmi ces éléments il y a le vent, le feu, l’eau et bien d’autres.

    Et on ne peut pas comprendre le mystère de la Pentecôte si on ne saisit pas le sens profond de ces éléments.

    Il est question d’un grand vent  qui vient balayer nos habitudes, dissiper nos craintes. Les apôtres sont transformés. Pierre s’enhardit et s’adresse à la foule. Aujourd’hui encore l’Esprit nous incite à prendre nos responsabilités et à emprunter des chemins nouveaux.

    Il est aussi question de ces langues de feu qui se posent sur les apôtres ; Chacun à sa manière va vivre sous l’inspiration de l’esprit  en mettant en œuvre ses qualités propres. Mais le feu sert aussi à purifier, à brûler les déchets qui peuvent nous encombrer et parfois nous paralyser.

               

    La présence et l’action de l’esprit est mentionnée dans les premiers chapitre de la Bible. Il est dit que l’Esprit planait sur les eaux .Il s’agissait des eaux du chaos primitif  et l’Eprit créateur préside à la création ; pour le bonheur de l’humanité : Dieu vit que cela était bon. La création est présentée comme une victoire sur les chaos. Et ce n’est pas terminé, car le  chaos continue. Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour s’en rendre compte. Ce qui fait que la création n’est pas terminée. L’esprit créateur entend la continuer avec nous, pas sans nous. Face à la décréation l’Esprit créateur entreprend une recréation Ce n’est pas pour rien que la Bible nous dit que Dieu met son souffle en l’homme, ce qu’il ne fait pas pour les animaux.  Et Jésus à plusieurs reprises souffle sur les apôtres avant de leur confier une mission.

    Il faut savoir que le Saint Esprit est toujours donné avec une tache à accomplir. Il ne vient pas pour faire pot de fleurs et à certain moment le vent souffle fort.

    Un peut comme dans le local où étaient enfermés les apôtres par crainte de la foule qui était venue à Jérusalem pour la fête. Ils vont être poussés dehors et Pierre qui n’était pas un  orateur va prendre la parole. Et il va alors se passer quelque chose d’exceptionnel. La lecture nous dit que chacun pouvait comprendre dans sa propre langue le discours de Pierre.

    Cela signifie  que dans n’importe quelle langue et dans n’importe quelle culture il y a possibilité de discerner et d’accueillir le don de Dieu. Et s’il y a une unité à construire pour l’humanité elle passe par là ; Il y avait des gens d’un peu tous les pays ce jour là à Jérusalem. Dés  sa première grande manifestation le Saint Esprit entend montrer la dimension universelle du don de Dieu. L’unité dans la diversité est déjà présente.

    Dans la tradition chrétienne on a vu dans la Pentecôte la réplique d’un autre événement lui aussi mythique : la Tour de Babel. Cela correspondait au moment où la vie cessait d’être nomade pour devenir sédentaire ; Alors on construisait à tour de bras. Les hommes se disent alors construisons une tour qui aille jusqu’au ciel. Ainsi nous nous ferons un nom. A cette époque tout le monde parlait la même langue.

    Dieu s’aperçoit alors de leur projet pervers et il décide d’y mettre fin. Il brouille leur langage. On ne se comprend plus. La construction est abandonnée  et tout le monde se disperse un peu partout.

    On a appelé la Pentecôte l’anti Babel. Les hommes grâce à langue unique pouvaient réaliser l’unité. Et ils ne trouvent rien de mieux que de se mettre d’accord pour un projet démentiel, c’est alors la dispersion.

    Voila ce qui arrive lorsque homme entend manifester sa puissance pour faire sa propre unité. Mais cette puissance est ambigüe et dangereuse car elle peut devenir une puissance de domination .Il n’y a qu’une langue cela peut être pratique pour s’imposer à la conscience. Les moyens d’information peuvent être censurés monopolisés pour supprimer la liberté. Cela s’appelle du totalitarisme. Il n’est pas mort.

    Dieu disperse les hommes et cette dispersion peut apparaître comme un châtiment par rapport à la prétention totalitaire de l’homme qui repose sur sa propre puissance de domination.

    Mais en réalité la dispersion peut être une bénédiction, l’expression d’une unité vivante qui ne repose par sur des pouvoirs mais sur la puissance de vie de l’Esprit qui parle toutes les langues. Le mythe est délivré de son ambigüité par le don de l’Esprit.

    Mais ce n’est pas pour autant terminé le mythe est toujours là à savoir la volonté d’imposer ses idées, son point de vue, sa culture. Il existe un impérialisme culturel et même religieux : la culture romaine pour tous les pays.

    Le latin a régné en maître pendant un certain temps. Personnellement j’ai aimé et j’aime encore cette langue

    (St Thomas africain – sous ton blanc manteau de neige).

    Mais entre l’imposer et la supprimer  il y a matière à réflexion. La pentecôte est la fête et la naissance de l’Eglise. Il est heureux qu’elle ait débuté de cette façon  alors qu’il y avait des représentants de nombreuses nations à Jérusalem. (Cela veut dire que le mot catholique qui veut dire universel n’est pas usurpé)

    Certains diront « encore un coup du Saint Esprit ». Pourquoi pas. En tout cas c’est une grâce pour l’Eglise.

     

    Père Claude Houot

     

    Homélie du dimanche 24 mai à Jarville.