Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 26 juillet 2015 : La multiplication des pains

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 26 juillet 2015
  • Prêtre Homélie: François Geoffroy et Gérard Nduwimana
  • Lectures:

    Deuxième livre des Rois 4, 42 – 44.

    Psaume 144.

    Lettre de saint Paul aux Ephésiens 4, 1 – 6.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 1 – 15.

  • Homélie:

    Ce que nous retenons, c’est le tour de force de Jésus qui nourrit 5000 personnes avec cinq pains et deux poissons et nous pensons que ce serait tellement bien si aujourd’hui nous avions encore Jésus pour résoudre les problèmes de l’humanité. Pourtant, la vérité c’est que Jésus n’apprécie pas du tout notre engouement pour les miracles et les Evangiles eux ne parlent pas de miracle mais de « signe ». « A la vue du signe que Jésus accomplit, les gens disent : C’est lui le fils de Dieu. » Déjà à Cana quand, pour des mariés, il a changé l’eau en vin, saint Jean écrira : « Tel fut le premier signe que Jésus accomplit ». Le choix des mots est important car si on parle de « signes » à propos des gestes de Jésus, c’est qu’ils ont une signification, ils ont quelque chose à nous dire. Alors que veut nous dire ce récit de la multiplication des pains que nous allons méditer durant cinq semaines ?

    Aujourd’hui, ce qui retient notre attention, c’est le geste de l’enfant qui donne ses cinq pains et ses deux poissons. Les apôtres raisonnent selon la logique financière, « on n’a pas assez d’argent pour acheter » ; lui l’enfant, sachant qu’il ne lui restera rien, n’hésite pas à donner tout ce qu’il a. Or, s’il est une attitude que nous, Européens, refusons, c’est bien celle-là. Qu’il s’agisse des difficultés de la Grèce ou de l’accueil des migrants, qui ose considérer que la bonne solution, c’est de partager ce que nous avons avec ces gens-là ? Sages et prudents, nous disons comme les apôtres « renvoie-les et qu’ils se débrouillent ! »

    Pourtant, quand il s’agit de donner à chaque être humain un chance de manger à sa faim, il en est qui raisonnent comme l’enfant. Je pense à Pierre Rahbi, cet agriculteur de l’Ardèche que vous avez peut-être vu et entendu à Sion il y a un mois. Il nous dit « que chacun fasse sa part » et il cite l’exemple du colibri, le plus petit oiseau du monde qui, devant la forêt en feu, va prendre quelques gouttes d’eau dans la rivière et les jette sur le feu. Tout le monde se moque de lui, comme on pourrait se moquer de l’enfant qui offre ses pains et ses poissons pour nourrir 5000 personnes. Mais le colibri répond « je fais ma part ».

    Quand on se dit entre les bras de Dieu, ce qui fait signe, ce n’est pas le miracle, mais le don très humble de chacun. Jésus prend notre cadeau, il dit la bénédiction à son Père, c’est-à-dire il consacre ce don et le redistribue à tous, aussi nombreux soient-ils. Bien plus que tout le reste, c’est le partage qui fait venir le Royaume de Dieu. Et l’Evangile est si minutieusement construit qu’en écoutant Jésus partager les dons de l’enfant, tel que c’est écrit « après avoir rendu grâce, Jésus prit le pain, le bénit, le rompit et le donna » … on se croirait à la messe et nous avons envie d’ajouter « et il dit : prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous ». Oui, le don si disproportionné de l’enfant pour nourrir les foules évoque le don si disproportionné de Jésus « Prenez, ceci est mon corps livré pour vous et pour la multitude en rémission de tous les péchés ». Humble corps de Jésus qu’il offre pour la multitude sans calculer si les ressources sont suffisantes.

    Et moi, que puis-je offrir qui fasse un tout petit peu venir le Royaume de Dieu sur terre ?

     

    Père François Geoffroy.

     

    Homélie du samedi 25 juillet à Laneuveville.

     

     

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    Jésus nourrit cinq mille hommes : un geste qui préfigure l’Eucharistie.

     

    Le passage de l’Evangile que nous venons de lire est tiré du chapitre 6 de St Jean. Ce chapitre constitue le sommet de la révélation de Jésus en Galilée. Son thème central est Jésus pain de vie. En effet, après avoir multiplié les pains pour nourrir une foule de Cinq mille hommes, Jésus fait un discours important sur le pain de vie. Ce discours a suscité de graves discussions avec les juifs qui n’arrivaient pas à comprendre  Jésus et sa prétention d’être le pain de vie. De plus, s’abstenir de manger le pain a comme conséquence l’échec de l’entrée dans le royaume des cieux.

     

     

     

    Ce miracle de la multiplication des pains s’inscrit dans la logique de la prophétie d’Isaïe : « Le Seigneur, le Tout-Puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux, de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés» (Is25,6). C’est Jésus qui réalise cette prophétie en multipliant, sur une montagne des pains pour nourrir tous ceux qui le suivaient, ceux qui ont une faim spirituelle.

     

    Nous sommes dans un monde qui a faim d’une nourriture spirituelle, un monde qui est en quête de ce qui peut combler sa soif du spirituel. Mais ce monde qui ne cesse de montrer ce besoin de nourriture spirituelle refuse en même temps de se nourrir de ce pain de vie que Jésus propose !

     

     

    Le pain que Jésus donne, nous le recevons dans l’Eucharistie. En effet, St Jean mentionne dans ce passage que la Pâque, la fête des juifs, était proche. Cette mention de la Pâque juive a une valeur symbolique. L’Evangéliste voit dans la multiplication des pains la figure de la Pâques chrétienne qui sera commémorée dans la célébration de l’Eucharistie où Jésus donne son corps et son sang. Participer à l’Eucharistie, c’est donc vouloir manger le corps du Christ et boire son sang pour la vie éternelle.

     

     

    L’Eucharistie est un signe (sacrement) : signe du Christ qui se donne.

     

    Le Christ se donne précisément parce qu’il est réellement présent. Il nous dit comme les apôtres : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon corps…Prenez et buvez en tous ceci est mon sang… » Ne mourrons pas de faim alors que le pain de vie nous est donné. Prenons et mangeons ce corps du Christ pour avoir la vie éternelle.

     

     

    Père Gérard Nduwimana

     

     

    Homélie du dimanche 26 juillet à Jarville.