Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 14 juin 2015 : Deux paraboles : la semence semée et la graine de moutarde

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 14 juin 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer et Claude Houot
  • Lectures:

    Livre du prophète Ezéchiel 17, 22 – 24.

    Psaume 91.

    Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 5, 6 – 10.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 26 – 34.

  • Homélie:

    Nous venons d’entendre deux paraboles : la semence semée et la graine de moutarde. Quel est leur sens ? Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir un baptême. La clé d’interprétation est le baptême que Zoé va recevoir et que nous avons reçu et dont nous pouvons nous souvenir. Le baptême n’est pas seulement la porte d’entrée dans l’Eglise. C’est le don de Dieu qui descend dans chacun de nous. L’enjeu de ce don est le Royaume des cieux, c’est-à-dire la vie éternelle, choisir de vivre avec Dieu pour toujours ; pour qu’à la fin de notre vie, la vie se poursuive. Ce n’est pas automatique, il n’y a pas de droit d’entrée au ciel. Le baptême, c’est la vie de Dieu qui est en nous. Jean-Paul II demandait : « Qu’as-tu fait de ton baptême ? » Ai-je laissé cette vie de Dieu se développer dans mon cœur, dans ma vie de tous les jours ? Je peux la laisser végéter, mais le Christ nous invite à prendre conscience de la vie de Dieu. Est-ce que je laisse Dieu dormir dans un coin ou est-ce que je veux vivre avec lui ? Le règne de Dieu commence ici, aujourd’hui.

    Si nous voulons la paix, le bonheur, n’attendons pas tout de Dieu, n’attendons pas un coup de baguette magique. Dieu passe par nos cœurs. Cela engage notre liberté. Est-ce que je veux laisser la grâce de Dieu se développer en moi. Accueillir le don de Dieu en moi, c’est le sens du baptême. Accueillir Dieu, cela se fait pas en une seule fois. Notre vie chrétienne, c’est vivre avec Dieu. Ce n’est pas seulement quelque chose d’individuel (parler avec Dieu, prier quand nous voulons), cela va plus loin. Comme nous sommes enfants de Dieu, nous avons à nous reconnaître frères. Nous sommes chrétiens ensemble. Nous ne pouvons pas croire sans les autres, même si c’est ce que préférerai notre société individualiste. Apprenons à vivre avec l’autre, prier avec lui, vivre avec lui les sacrements. C’est un engagement les uns vis-à-vis des autres. Seul, je ne suis rien. Avec les frères, nous devenons le corps du Christ. Voilà le sens du baptême, ce que nous avons à laisser grandir en nous. Nous pouvons nous interroger : comment laisser ce don de Dieu grandir dans nos vies ? Par la charité, la prière, les sacrements. Amen.

     

    Père Philippe Gauer

     

    Notes prises à partir de l’homélie du dimanche 14 juin 2015 à Jarville. 

     

     

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    Jésus s’est beaucoup servi de paraboles pour faire passer son message : des sortes de fables ou de petites histoires pour nous interpeler et nous faire réfléchir et nous remettre en cause.

     

    Pour cela il faisait beaucoup appel à la nature, au monde rural, aux activités de son époque. Parfois il exagérait pour nous faire comprendre que l’amour de Dieu n’a pas de limites.

     

    Aujourd’hui par contre ce n’est pas le cas. Les deux exemples qu’il nous donne sont certes empruntés à la nature mais c’est pour nous en montrer les merveilles, merveille de la croissance qui se produit en quelque sorte à notre insu. Certes nous plantons, nous semons mais ce qui se passe ensuite nous échappe.

     

    Dès qu’elle est en terre la semence germe et donne une tige qui se développe et va porter des fruits. Il y a là une transformation qui se produit et qui nous échappe : merveille de la vie et de la croissance.

     

    Quand j’étais enfant, lorsque c’était la saison, nous étions toujours émerveillés par la croissance des champignons. Le soir on voyait pointer une petite boule blanche un peu plus grosse qu’un petit pois et le lendemain la petite boule était devenue presque aussi grosse qu’une balle de ping-pong.

     

    Où Jésus veut-il en venir ? Il nous dit c’est ainsi que cela se passe dans le règne de Dieu qui est le règne de l’amour. Dieu n’est pas pressé, il prend son temps et quoi que nous fassions, la Parole de Dieu que nous transmet Jésus fait son chemin et finit par être efficace.

     

    On se lamente sur les déficiences de l’Eglise et on ne voit que cela. Et on oublie toute la spiritualité et la générosité qui anime des groupes de chrétiens non seulement en France mais aussi là ou sévit la guerre et la famine.

     

    Lorsqu’on a la chance d’avoir été longtemps avec des jeunes et qu’on en revoit quelques uns au bout de quarante ans, on est émerveillé de voir le chemin qu’ils ont parcouru dans l’Eglise et dans le monde au nom de leur foi.

     

                Cette première petite parabole de Jésus doit nous réjouir et nous donner courage. Sa parole est puissante et fait son chemin, son amour est capable de transformer notre cœur. Notre monde a besoin d’espérance et de redécouvrir enfin sur quoi cette espérance va pouvoir s’appuyer. Je ne vois qu’une seule énergie capable de transformer les cœurs et le monde : c’est celle de l’amour.

     

    Malheureusement ceux qui nous disent à corps et à cri que cèle va changer, font malheureusement abstraction de cette énergie. Alors ils échouent et c’est normal. L’amour transforme et fait vivre.

     

    Je voudrais vous dire à vous les enfants qui faites votre première communion aujourd’hui : faites confiance à Jésus qui vient vous rencontrer aujourd’hui. C’est Jésus ressuscité, c’est son esprit qui frappe à la porte de votre cœur et de votre conscience. Il ne vient pas prendre la place du pain, de l’hostie que vous allez manger parce que le pain c’est sacré il nourrit notre corps  et il ne faut pas le jeter, le gaspiller. Dans un instant je vais offrir ce Pain à Dieu notre Père. Des hommes ont travaillé pour le produire. Ils ont attendu patiemment pour que ça puisse devenir du pain : le cultivateur a attendu que le grain lève ; le boulanger a attendu que la pâte lève.

     

    Nous remercions le Seigneur qui va devenir le pain de la vie : vie pour votre corps mais aussi pour votre vie d’enfant de Dieu que vous avez reçu au baptême et qui a besoin de nourriture pour grandir. Cette nourriture c’est Jésus qui par son esprit s’invite dans votre vie. Laissez le entrer ; faites lui confiance, qu’il éclaire votre conscience lorsqu’il faudra choisir entre amour et égoïsme.

     

    Qu’il vous aide à faire une vraie communion. Dans le mot communion, il y a le mot union. On ne communie pas tout seul, vous êtes une petite équipe ; il y a aussi tous les chrétiens qui sont ici et qui comme vous vont rencontrer Jésus. Et avec eux nous formons une grande famille. Qu’est-ce qu’un copain ? C’est celui avec qui on peut partager le pain et bien autre chose naturellement.

     

    Aujourd’hui le Seigneur nous dit : ma parole et mon amour font leur chemin dans les cœurs. Il demande simplement qu’on lui fasse confiance et il y aura de beaux et vrais changements dans notre vie.

     

    Il y a une deuxième parabole dans l’Evangile d’aujourd’hui, une parabole qui elle aussi parle de la croissance des plantes mais aussi des oiseaux. C’est la parabole des extrêmes. Une petite boule de rien du tout dans le genre des semences de colza mais qui va devenir la plus grande des plantes potagères. Vous avez sans doute vu ces derniers temps les grand espaces jaunes des champs de colza : c’est impressionnant.

     

    Mais c’est aussi une parabole qui nous invite à ne pas nous décourager lorsque les commencements sont un peu difficiles, lorsque la religion ne fait pas le poids dans la vie de la cité.

     

    L’Eglise a eu des débuts difficiles. Elle a du affronter des persécutions massives mais qui au lieu de l’affaiblir ont été causes de renouveau. Le sang des martyrs est devenu semence de chrétiens.

     

    Elle a eu aussi des périodes glorieuses au point d’avoir pignon sur rue. Le catholicisme religion d’Etat. Mais on s’est aperçu du danger. On nous ressort de temps en temps les croisades et l’inquisition.

     

    L’Eglise n’a pas à devenir une puissance à l’image des autres pouvoirs terrestres.

     

    Jésus lui-même a rejeté la tentation. Jusqu’à la dernière minute, ses disciples lui ont demandé quand il allait restaurer la royauté en Israël. Il a dû plusieurs fois remettre les pendules à l’heure. « Ne craignez pas petit troupeau car il a plu à mon père de vous donner le royaume »

     

    Qui avait-il au pied de la croix ? Marie, sa mère, et Jean et quelques badauds. Les amis s’étaient éclipsés.

     

    Mais au pied de la roche du calvaire se trouve le jardin de la résurrection.

     

    Cela nous le savons mais il nous est quand même difficile de garder l’espérance devant un certain déclin de la religion (au moins en Europe) mais pas forcément en Afrique ou en Amérique du sud. Mais soyons quand même lucide : le déclin de la religion ne veut pas dire le déclin de la foi. Jésus n’a pas fondé de religion. Il y en avait une qu’il a pratiquée et critiquée. Par contre il a fondé une Eglise dont nous faisons partie et qui compte sur notre engagement de baptisés.

     

                Cette église a des défauts, elle est humaine et elle doit se purifier. Mais elle est divine aussi. C’est le Saint Esprit qui l’a fondée et qui ne la lâchera pas.

     

                Elle a à sa tête un pape qui nous galvanise par sa foi, sa joie et son courage. Pensons aux petits oiseaux qui viennent nicher dans le grand arbre. L’Eglise a pour elle aussi sa vocation d’accueil dans beaucoup d’endroits dans le monde et particulier ici à Ludres où les chrétiens ne sont pas en reste, notamment en ce qui concerne les migrants du Bonzaï. Cela s’appelle une foi vécue.

     

                Alors gardons l’espérance, une espérance qui s’appuie sur la puissance de l’amour qui nous est donné encore aujourd’hui. Amen

     

               

     

    Père Claude Houot

     

    Homélie du dimanche 14 juin 2015 à Ludres.