Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 09 août 2015 : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 09 août 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer et Jacques Neu
  • Lectures:

    Premier livre des Rois 19, 4 – 8.

    Psaume 33.

    Lettre de saint Paul aux Ephésiens 4, 30 – 5, 2.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 41 – 51.

  • Homélie:

    Cela fait quelques dimanches que nous lisons l’Evangile de Jean, dont le chapitre 6, avec la multiplication des pains. Aujourd’hui, il est question du pain de vie. Ce chapitre 6 va durer encore quelques dimanches.

    L’Evangile de Jean est le plus tardif. Les trois autres Evangiles ont été rédigés avant les années 70. Jean, lui, écrit dans les années 90 – 100. Il connaît les trois premiers Evangiles : il n’a pas besoin d’un récit chronologique. Ainsi, si on lit l’Evangile de Jean pour le jeudi saint, on ne trouve pas le récit de l’institution de l’Eucharistie. Saint Jean y fait cependant allusion dans tous les chapitres : il ne s’attache pas au récit (cela fait déjà plusieurs décennies que les chrétiens se réunissent pour célébrer l’Eucharistie ; un récit supplémentaire n’est pas nécessaire) mais à expliquer ce qu’est l’Eucharistie.

    Cela renvoie à trois problématiques.

    La première est qui est ce Jésus, qui dit être le pain de vie ? Cela pose question aux gens de son époque : ils connaissent sa famille, Jésus est le fils de Joseph et Marie. Cette problématique traverse l’histoire de l’Eglise et nous touche encore parfois. Nous voulons faire de Jésus un homme, un super homme, un grand sage (comme Gandhi) qui aurait été adopté par Dieu car c’était un sage. Les évangiles apocryphes des IVe, Ve et VIe siècles foisonnent de témoignages rabaissant Jésus à un simple homme avec ses limites et ses faiblesses. Les médias se régalent de ces fables qui laissent planer un doute sur la divinité du Christ. Le film Lucie de Luc Besson est un bel exemple de cette conception : l’héroïne arrive au salut en atteignant la connaissance ; c’est la gnose, il n’y a pas besoin de Dieu. Jésus serait simplement un homme qui a réussi. Non. Jésus le dit lui-même : il est descendu du ciel. Il est le fils bien-aimé du Père, son envoyé.

    L’autre hérésie est de penser que Jésus est un Dieu qui a pris un déguisement humain. Non : il est pleinement Dieu. C’est pour cela que nous pouvons dire que Marie est la mère de Dieu.

    C’est parce que Jésus descendu du ciel, qu’il est pleinement Dieu qu’il peut nous dire qu’il nous donnera la vie éternelle. L’enjeu de sa venue est la vie éternelle. Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Beaucoup de catholiques ne croient pas en la résurrection de la chair. Mais à la mort, l’esprit va au ciel et à la résurrection, nous recevrons un nouveau corps. Quand Jésus apparaît à ses apôtres, il a un corps (il mange), un nouveau corps. Nous ne serons pas des esprits au ciel, mais des personnes avec des corps, vivants, ressuscités. Nous n’aurons pas notre corps avec ses limites mais un nouveau corps. La résurrection de la chair fait partie de la foi chrétienne, ce n’est pas un chemin uniquement spirituel.

    Enfin, Jésus dit « Je suis le pain de vie. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Si le baptême fait de nous des enfants de Dieu, c’est un beau départ, mais ce n’est pas suffisant. Nous faisons partie de la famille de Dieu, mais Jésus nous dit que pour avoir part à sa résurrection il faut manger son corps. Il n’est pas question que de spirituel (penser à Dieu), il s’agit d’accueillir le corps du ressuscité. Il faut que nous nous nourrissions de sa chair. La résurrection de notre corps commence dans l’Eucharistie. Plus nous nous nourrissons de l’Eucharistie, plus nous pénétrons dans ce mystère.

    Cela n’a pas de sens de dire : Je suis croyant mais pas pratiquant. Cela revient à dire : Je crois en Jésus mais je ne veux pas accueillir sa résurrection. Se couper de l’Eucharistie, c’est se couper de la résurrection, c’est se couper du Christ. Nous qui entendons les paroles de Jésus, nous devons nous réjouir de l’Eucharistie. Préparons nos vies, préparons nos cœurs à accueillir le Christ qui se donne en nourriture. Amen.

     

    Père Philippe Gauer.

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 08 août à Heillecourt.

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    Saint Paul nous dit « n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu qui vous a marqué de son sceau en vue du jour de votre délivrance ». « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés ». Cet enseignement est pour nous aujourd’hui ; saint Paul nous parle, à nous. L’Esprit Saint a été donné et se transmet depuis des siècles. Aujourd’hui, nous accueillons des enfants qui seront bientôt baptisés. La communauté vous accueille : elle est enfant de Dieu et vous le serez bientôt.

    Au moment du baptême, Jean-Baptiste demande aux gens de se préparer car le Messie se trouve parmi eux. Il leur dit de « changer leurs cœurs ». Changer son cœur, c’est se laisser habiter par l’Esprit de Dieu, par le verbe de Dieu.

    Si Jésus est venu, c’est pour nous faire connaître la pensée de Dieu. La Bible est un beau livre mais il faut savoir le comprendre. C’est l’histoire d’un peuple, avec ses bonnes et ses mauvaises choses, comme nous. Mais Dieu veut nous parler. Il veut nous parler par les prophètes. Puis il se fait homme (c’est l’Emmanuel, Dieu avec nous) pour parler avec le langage des hommes.

    Nous ressemblons à Dieu. Ce que Dieu a fait à son image, c’est l’esprit, l’âme, la puissance d’aimer et de pardonner. Dieu n’est pas visible mais il est présent. Les défunts sont invisibles aux yeux, mais si nous fermons les yeux, nous sentons qu’ils sont présents, comme Dieu.

    Etre chrétien, c’est appartenir à une famille qui veut suivre l’enseignement de Jésus : aimez-vous les uns les autres, aimez-vous comme je vous ai aimés. Jésus aime même Judas qui le trahit. Toute la vie de Jésus est un témoignage d’amour pour l’humanité. Pour vivre comme Jésus aime, comme Jésus veut, il faut de l’humilité, de la patience, de la persévérance.

    Jésus dit qu’il est le pain de vie. Celui qui mange ce pain aura la vie éternelle. Ce qui est important est ce qui est dedans : l’esprit. Jésus veut habiter en nous : c’est la communion.

    Soyons frères les uns des autres, soyons des témoins de l’amour de Dieu pour tous les hommes.

     

     

    Père Jacques Neu.

     

    Notes prises à partir de l’homélie du dimanche 09 août à Jarville.