Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 17 janvier 2016 : Les noces de Cana

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 17 janvier 2016
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre du prophète Isaïe 62, 1 – 5.

    Psaume 95.

    Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 12, 4 – 11.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 1 – 11.

  • Homélie:

    L’Evangile de Cana est bien connu. Je vous propose un peu d’exégèse. L’exégèse est la science de l’étude des textes bibliques.

    L’Evangile de Jean est le dernier Evangile rédigé. Ecrits avant l’an 64, les trois autres Evangiles circulent depuis plusieurs décennies. Jean écrit vers l’an 90, au moins 30 ans après les autres Evangiles synoptiques. Il n’a donc pas besoin de redire ce que disent les autres (ce sont des récits chronologiques, sur la vie de Jésus). Il montre le sens de la vie de Jésus. Il n’a pas une approche journalistique. La vie de Jésus dure trois ans et Jean la développe sur une année.

    Jean a une façon particulière d’écrire. Il n’utilise que 500 mots de vocabulaire. Et il parvient à tout dire. Chaque mot est donc important et chaque mot peut avoir plusieurs sens. On retrouve parfois le même mot à plusieurs reprises dans la Bible : ce sont des mots-clés.

    « En ce temps-là » : le texte est coupé de son contexte. Dans la Bible, c’est le « troisième jour ». Nous sommes au début du chapitre 2 ; avant, il y a évidemment le chapitre 1, avec le prologue « au commencement était le verbe. Il se termine par quatre jours : le premier jour Jean-Baptiste baptise au bord du Jourdain ; le deuxième il baptise et témoigne : il a vu l’Esprit Saint descendre sur l’agneau ; le troisième c’est l’appel de Pierre et André ; et enfin le quatrième c’est l’appel de Philippe, Nathanaël, Jacques et Jean.

    Quand Jean écrit « le troisième jour », il s’agit du 3e jour après le baptême de Jésus. Cela montre le lien entre son baptême et le miracle. Son baptême a été fêté la semaine dernière. Nous sommes vraiment à la suite du baptême de Jésus.

    « Le troisième jour », cela désigne également le jour de Pâques. Le troisième jour, pour Jean, ce sera la résurrection. Cela montre que la clé de lecture de tout l’Evangile, c’est la résurrection de Jésus, le mystère de Pâques, sa mort et sa résurrection. L’Evangile est là pour nous expliquer en profondeur le mystère de Pâques. Quand Marie vient trouver Jésus, il lui répond « mon heure n’est pas encore venue » ; or, au jeudi saint, il est dit « quand son heure fut venue ». Le premier miracle de Jésus a lieu lors d’un mariage. Cela annonce un autre mariage : les noces de l’agneau. C’est bien le jeudi saint.

    Un autre élément rappelle le baptême. Il s’agit des jarres d’ablution, qui servent pour se laver. Quelles sont les jarres où nous avons été lavés, si ce n’est le baptistère ?

    Le vin des noves est le vin des noces de l’agneau. C’est le sang du Christ versé sur la croix pour le salut du monde.

    C’est pour cela qu’il y a un lien entre le baptême et Pâques et entre le baptême et l’Eucharistie. Celui qui devient chrétien est appelé à participer au repas des noces de l’agneau. Le chrétien n’est pas celui qui croit en Dieu, c’est celui qui choisit de suivre le Christ et de s’attacher à lui. Etymologiquement, le Christ est celui qui a reçu l’onction. Christ a donné chrétien. Le chrétien est donc celui qui a reçu l’onction. Cela nous a consacrés à Dieu. Nous avons tous reçu par le baptême et la confirmation les dons de la grâce. Ce sont les charismes. Il y a les sept dons de l’Esprit Saint, il y a les fruits de l’Esprit Saint. Les charismes sont des dons de l’Esprit Saint à chacun de nous pour le bien de l’Eglise. C’est à nous de les reconnaître. Il y a les paroles de sagesse, les paroles de connaissance, la transmission de la foi (la catéchèse), le don de guérison, le don de prophétie, le discernement, l’accueil (aux personnes qui se chargent de l’accueil sur nos paroisses, l’Esprit Saint est donné pour vivre cette mission). Nous avons tous reçus des dons, mais parfois nous les avons oubliés et les avons laissés dormir. L’enjeu de chaque Eucharistie est de nous renouveler dans l’Esprit Saint. Le chrétien est celui qui apprend à vivre avec le Christ. Nous l’accueillons chaque dimanche. C’est pour cela qu’aller à la messe est une nécessité vitale. Est-il obligatoire de dormir, de manger ? Non, c’est vital. Nous sommes appelés à mieux : les choses simplement humaines sont appelées à devenir un grand miracle, nos actions de tous les jours Dieu les transforme. Laissons les dons de la grâce, laissons l’Esprit Saint transformer nos vies. Amen.

    Père Philippe Gauer.

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 17 janvier à Laneuveville.