Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 18 octobre 2015 : Le fils de l'homme est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 18 octobre 2015
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer et Ferdinand Kimamara
  • Lectures:

    Livre du prophète Isaïe 53, 10 – 11.

    Psaume 32.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux 4, 14 – 16.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 35 – 45.

  • Homélie:

     

    Avec le chapitre 10 de l’Evangile de Marc, nous sommes dans la deuxième partie de la vie missionnaire de Jésus. Dans la première partie de l’Evangile, qui débute avec le baptême, nous découvrons qui est Jésus, quelle est sa mission. Il y a ensuite la transfiguration. La deuxième partie correspond à la montée à Jérusalem.

     

     

    C’est un moment crucial pour Jésus. A la suite de dimanche dernier, Jésus se met en route. A ce moment, un homme l’arrête : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Il faut respecter les commandements. Il n’a rien fait de mal, mais ce n’est pas suffisant. Jésus ajoute « vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ». Il est vrai que l’homme va devoir se détacher de ses biens pour s’attacher au Christ. Il y a alors deux réactions : le jeune homme, qui a de grands biens, repart triste et les apôtres se rendent compte qu’en ayant tout laissé ils n’ont encore rien fait. Ni le jeune homme riche ni les apôtres ne vont se sauver eux-mêmes. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. C’est la fin de la première discussion.

     

     

    Ils se mettent en route. Jésus annonce qu’il va être arrêté, condamné, qu’il va mourir puis ressusciter. Les apôtres sont effrayés par cette mise en route vers Jérusalem.

     

     

     

    La première fois que Jésus leur annonce sa mort et sa résurrection), les disciples se disputent pour savoir qui sera le premier. Aujourd’hui, c’est Jacques et Jean qui demandent à siéger à la droite et à la gauche de Jésus dans le ciel. Cette réaction rejoint notre monde d’aujourd’hui : ils ne sont ni pires ni meilleurs que nous, ils ne comprennent rien. Ils ne voient que leur intérêt personnel, comme nous. Si nous regardons notre monde économique, notre monde politique, l’Eglise, la paroisse, nous sommes jaloux les uns des autres, nous voulons savoir qui va commander, qui sera responsable de ci, de ça. Chacun veut garder son service, chacun veut une bonne place, une belle place où il sera reconnu.

     

    La réponse de Jésus est surprenante, elle est sur un autre plan. « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Jacques et Jean répondent oui. Quand Jésus le dit, cela a un autre sens : êtes-vous prêt à verser votre sang, à mourir avec moi ? La coupe est le Jeudi Saint. Le plongeon est le plongeon dans le tombeau. Ce double sens renvoie à la double dimension de chacun des sacrements. Le baptême, c’est mourir à la vie ancienne, aux péchés pour accueillir la vie nouvelle. Aujourd’hui à Ludres, un couple d’Albanais reçoit le baptême. Pour eux, c’est accepter de mourir et de ressusciter.

     

     

    Quand nous communions, nous disons Amen, voilà ce que nous nous voulons vivre. De quoi s’agit-il ? Quel est le sens de la participation à l’Eucharistie ? « Faites ceci en mémoire de moi », « prenez et mangez » : Jésus célèbre la première messe à ce moment, mais il nous montre aussi qu’il livre sa vie. Il offre sa vie en sacrifice. Vous aussi, offrez votre corps, versez votre sang, offrez votre vie. Il y a beaucoup de façons de donner sa vie : en vivant de l’Evangile, en étant catéchiste, en s’engageant dans un service. Sommes-nous prêts à vivre de l’Eucharistie, à faire le vrai plongeon dans la mort et la résurrection du Christ, à ne plus être des hommes morts mais vivants ? C’est l’enjeu de l’Eucharistie.

     

     

    En ce dimanche de clôture du synode sur la famille, où sont canonisés Louis et Zélie Martin, c’est le dimanche des missions. Hasard, providence ou humour de Dieu, la patronne des missions est leur fille.

     

    C’est la providence de Dieu qui nous rappelle que nous avons tous à être missionnaires. En cette semaine missionnaire. Il ne s’agit pas seulement de se rappeler que des missionnaires ont toujours été envoyés sur toute la planète. La mission est d’abord ici. Nous sommes les premières missionnaires. Un chrétien qui n’est pas missionnaire, qui n’est pas évangélisateur est un chrétien mort. Nous avons à être témoins, par la parole, par notre vie de la mort et de la résurrection du Christ et de l’amour de Dieu. En grec, témoin se dit martyr. Tous les apôtres (sauf saint Jean) et les premiers évêques mourront témoins, seront martyrs. Nous avons tous à être des témoins. Cela découle directement du sacrement de confirmation. Saint Jacques nous appelle à montrer que notre foi est vivante. Nous ne devons pas nous désoler de voir nos églises vides mais nous interroger : suis-je témoin de la résurrection du Christ ? La mission n’est pas une option ; c’est Dieu qui nous envoie.

     

     

    Il y a urgence à être des témoins, des témoins vivants. Cette année, il n’y a pas d’entrée au séminaire, il n’y a pas de laïc pour la préparation au baptême, il y a peu de monde pour accompagner les familles en deuil. Retrouvons le dynamisme, la joie donnée par le Christ. Soyons les témoins qu’il n’y a pas d’autre espérance que la vie du Christ. Acceptons de mourir et de ressusciter avec le Christ pour devenir des ressuscités. Voilà notre foi. Osons en vivre chaque jour. Amen.

     

    Père Philippe Gauer

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 17 octobre 2015 à Laneuveville et du dimanche 18 octobre 2015 à Jarville.

     

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    Aujourd’hui nous célébrons la Journée Missionnaire Mondiale et c’est donc en communion avec tous les chrétiens du monde. Nous sommes donc invités à prendre conscience de notre responsabilité missionnaire, à nous informer sur les besoins missionnaires du monde, à prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.

    Au moins si nous n’y avons pas pensé depuis le début de ce mois d’octobre dédié à la Mission où nous prions spécialement pour les vocations missionnaires, faisons quelque chose aujourd’hui : la quête missionnaire : l’Eglise nous demande, nous invite à participer à la collecte organisée par  les Œuvres Pontificales Missionnaires, afin que vive l’Eglise partout dans le monde et qu’elle ait les moyens d’annoncer l’Evangile.

    Avec le thème « Va, je t’envoie », nous sommes invités à réfléchir sur l’envoi, l’envoi du Fils et du Saint Esprit par le Père, l’envoi de nombreux missionnaires et l’envoi chaque baptisé (l’envoi de moi) pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

    « L’amour du Christ nous presse ; malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile. »

    Ce dynamisme missionnaire s’enracine dans l’amour, le service, à la suite de Jésus qui est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

    Servir c’est donner sa vie

    En célébrant cette journée, nous faisons mémoire de l’amour de Dieu qui nous a donné son Fils.

    « Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. »(Is53, 10-11)

    Le Christ, figure et modèle par excellence du serviteur, donne sa vie pour l’humanité toute entière et demeure en nos jours, présent dans l’Eglise universelle. Désormais, la terre est remplie de son amour. Que ton amour soit sur nous Seigneur comme notre espoir est en Toi. Protège ô Dieu Créateur, toutes les créatures humaines de la terre créées à ton image et à ta ressemblance : qu’elles se confient davantage à Toi qui aime le bon droit et la justice. (Ps32)

    Le don de la foi, reçu au jour du baptême, fait de nous tous des disciples missionnaires appelés et envoyés dans le monde d’aujourd’hui tel qu’il est : tenons donc ferme l’affirmation de notre foi et avançons-nous avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. (He4,14-16)

    Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus est en chemin, il monte à Jérusalem et devance les disciples, effrayés et complétement affolés suite à la triste nouvelle qu’ils viennent d’entendre, et pour la troisième fois (Mc10, 35-40). Deux d’entre eux, Jacques et Jean, pris de courage et sans discrétion, s’adressent à Jésus lui réclamant un droit : maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. Leur manière de demander, animée à la fois d’audace et d’un peu de présomption, est parfois aussi la nôtre. Nous ressemblons à ces deux disciples et nous sommes un peu les fils de Zébédée quand on est prêt à tout pour demander une promotion, pour avoir le privilège de siéger aux places d’honneur, pour être les premiers et devancer les autres…Pour certains, il s’agira de demander une faveur pour obtenir une place prestigieuse et s’assurer pour un avenir tranquille et paisible ; pour d’autres de se mettre en compétition pour escalader les premiers rangs et décrocher un poste hiérarchiquement supérieur et de préférence bien rémunéré.

    Leur requête contraste fortement avec l’annonce que Jésus  leur avait faite précédemment. Jésus leur dit : vous ne savez pas ce que vous demandez. Ils font partie du groupe des Douze, ils sont déjà proches de Jésus, et pourtant en réclamant davantage, ils semblent être vraiment ailleurs… Et les autres disciples ? Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean car stupéfaits, par ce que peut être, non seulement ils trouvent incompréhensible leur demande, mais ils considèrent un peu déplacé leur rêve de partager le pouvoir de Jésus. Jésus les appela et leur dit : Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Combien de nos sœurs et frères en humanité souffrent encore aujourd’hui, à cause des conflits et d’abus de pouvoir des soi-disant grands de ce monde ? Pour vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Et voilà, la Bonne Nouvelle vient nous dérouter et nous dévoiler la manière d’exercer l’autorité, renversant les logiques complexes des puissances et des pouvoirs des humains. Le pouvoir humain qui veut dominer voire se servir des autres est différent du pouvoir de Jésus qui désire servir les autres, et qui est synonyme de donner la vie pour la multitude. Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Jésus, le Fils du Très-Haut continue à se faire très-bas car il aime notre humanité. Et nous ? Servons la fraternité.

    Prions pour tous les missionnaires, pour toutes les personnes consacrées, pour toutes les Eglises du monde afin que, partout, chaque baptisé ait le courage de témoigner de sa foi en Jésus-Christ. Prions pour que l’amour du Seigneur soit sur nous comme notre espoir est en Lui.

    Père Ferdinand Kimamara

    Homélie du 18 octobre 2015 à Jarville.