Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 11 octobre 2015 : Vends ce que tu as et suis-moi

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 11 octobre 2015
  • Prêtre Homélie: Ferdinand Kimamara
  • Lectures:

    Livre de la Sagesse 7, 7 – 11.

    Psaume 89.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux 4, 12 – 13.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 17 – 30.

  • Homélie:

    Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ?

    Le Royaume de Dieu est un don qui nous est proposé, un don à recevoir. On ne peut pas trouver quoi donner  pour l’acheter car il n’a pas de prix. Quel prix justement pouvons-nous payer pour avoir le Royaume de Dieu ?

    Nous avons besoin de la lumière de l’Esprit Saint pour comprendre notre dépendance totale envers Dieu, notre limite.

    Les richesses nous aveuglent spirituellement et la sagesse nous manque car ces dernières ne nous donnent pas le bonheur véritable, ne nous font  pas grandir spirituellement.

    Pour recevoir le royaume de Dieu, il faut se donner soi-même et c’est le signe suprême de l’amour.

    Se dépouiller soi-même  en vue des autres et suivre Jésus : aimer et partager avec les autres, voilà le don de soi. MAIS CELA NE SUFFIT PAS. IL FAUT APRES SUIVRE JESUS et cela nous demande ce dépouillement total et du coup ce n’est pas facile car la volonté ne suffit pas. Mais il faut une prière intense, pourquoi pas à l’Esprit Saint, pour avoir cette liberté devant la richesse de ce monde. C’est un combat de toujours car on n’a jamais terminé ce travail de dépouillement.

    Cet homme apparemment avait tout ; à côté de sa richesse, il observait  fidèlement les commandements de Dieu et Jésus le loue sur ce point. Ce qui lui restait à posséder justement était la vie éternelle et dans son imagination, il croit qu’on peut donner un quelconque prix pour gagner cette grande fortune qu’est le royaume de Dieu.

    A sa grande surprise, Jésus lui révèle le prix à donner : le renoncement de soi-même qui n’est rien d’autre que le don de soi-même : Une chose te manque, va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.

    Renonce à posséder, investi dans le trésor du ciel, et ton cœur sera libre et tu pourras me suivre.

    Les paroles de Jésus rendent cet homme triste. Au fond, qu’est ce qui le rendrait triste et malheureux ? C’est le renoncement à ses richesses. Il doit donc choisir entre les deux : garder sa richesse et retourner chez lui ou bien vendre tout et le  donner  aux pauvres et après suivre Jésus. Ce n’est pas facile de trancher. Et bien il choisit de garder ses biens, il préfère retourner à la sécurité que lui procure sa richesse.

    Il n’a pas fait un bon choix, problème de discernement, et la preuve en est que cette fois-ci Jésus ne le loue pas. Il n’a pas fait un bon discernement sinon il aurait pu comprendre qu’il ne faut rien préférer à l’amour de Jésus (Jésus l’avait aimé). On ne peut préférer que l’amour du Christ qui est ce bien incomparable, le plus précieux et durable (Ep3, 18-18). St Paul lui, l’avait bien compris quand il écrit dans sa lettre aux Philippiens "Désormais, je considère tout comme désavantageux, à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. Je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ…le connaître, lui, avec la puissance de sa Résurrection"(Ph3, 8-10).

    Chers amis, il y a une richesse qui sème la mort partout où elle domine : libérez-vous et vous serez sauvés. Purifiez votre âme, rendez la pauvre pour pouvoir entendre l’appel du Sauveur qui vous redit : viens et suis moi. Il est la voie où marche celui qui a le cœur pur car la grâce de Dieu n’opère pas dans une âme encombrée et déchirée par une multitude de passions. Par contre celui qui regarde sa fortune, son argent, ses maisons, comme des dons de Dieu, celui là témoigne à Dieu sa reconnaissance en venant  en aide aux pauvres avec ses biens. Il sait qu’il les possède plus pour ses frères que pour lui-même et il reste maitre de ses richesses au lieu d’en devenir esclave. Ne vous attachez pas trop a vos richesse car à la tombe on n’emporte rien. Voilà l’homme bienheureux ou pauvre en esprit : c’est celui là qui reste tranquille, serein, même si sa fortune disparaît, qui accepte cette ruine d’un cœur libre. Celui là est l’héritier assuré du Royaume des cieux.

    Jésus nous avertit clairement : là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur (Mt6, 21). A coté de cet heureux, il y a d’autres qui gardent en eux leurs terres, accumulent sans fin leur  fortune, et ne s’inquiètent que d’amasser davantage. Ceux-là ne lèvent jamais les yeux  vers le ciel, ils s’embarrassent dans le temporel car ils ne sont que poussière et ils retourneront à la poussière.

    Comment peut-il éprouver le désir du Royaume, celui qui, au lieu du cœur, porte un champ ou une mine, lui que la mort surprendre fatalement au milieu de ses passions ?

    Je vous invite à garder vos cœurs tournés vers le ciel. Amen.

    Père Ferdinand Kimamara

    Homélie du dimanche 11 octobre 2015 à Jarville.