Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 1er novembre 2015 : Toussaint

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 01 novembre 2015
  • Prêtre Homélie: Jean - Michaël Munier
  • Lectures:

    Apocalypse de saint Jean 7, 2 – 4. 9 – 14.  

    Psaume 23.

    Première lettre de saint Jean 3, 1 – 3.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1 – 12. 

  • Homélie:

    Frères et sœurs, il est heureux que la remise de la lettre de mission à Stéphanie Logie, comme coordonnatrice paroissiale, tombe ce jour de la Toussaint. Car cette mission lui est donnée au titre de son baptême. Et c’est aussi à ce titre, qu’elle comme chacun de nous sommes appelé à la sainteté.  Oui, le baptême donne la vocation à la sainteté. Etre saint ou sainte n’est pas une vocation particulière, réservée à une petite élite ! Nous tous, le peuple des baptisés, nous sommes, comme le dit St Paul dans l’épitre aux Romains, appelé à être un peuple saint : « Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint ».

                Cet appel de Dieu retentit à travers toute la Bible. Le livre du Lévitique, donc dans l’Ancien Testament, nous en donne déjà un témoignage : « Le Seigneur adressa la parole à Moïse : « Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint ». Et St Paul reprendra à sa manière ce vibrant appel dans la 1ère aux Thessaloniciens par ces mots : « La volonté de Dieu, c'est que vous viviez dans la sainteté ».

                Celui qui est Saint avant tout, c’est Dieu, bien sûr. Puis, c’est l’Eglise, puisqu’elle est le Corps du Christ, elle est la présence de Jésus dans notre monde. Le baptême, qui incorpore à l’Eglise, implique donc la sainteté. C’est ce que dit l’apôtre Paul avec cette image de la construction, dans la lettre aux Ephésiens : « Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur ».

                Le rite du baptême est marqué notamment par la litanie des saints qui nous rappellent cette foule immense que nul ne pouvait dénombrer ; tous ceux et celles qui nous ont précédés dans le baptême et dans la mort, et qui rayonnent maintenant de la gloire de Dieu. Dans le livre de l’Apocalypse, ces saints, ces serviteurs de Dieu, ont le front marqué du sceau divin : ne peut-on pas voir ici une évocation du Saint-Chrême ? L’Ecriture nous dit aussi, qu’ils se tiennent devant l’Agneau en vêtement blanc : ne peut-on pas voir ici l’allusion à la robe baptismale ? Le dernier livre de la Bible ajoute, toujours en parlant de ces saints et saintes, qu’ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau : ne peut-on pas voir ici une référence à l’eau du baptême qui lave et purifie ?

                L’Eglise relaie cet appel à la sainteté. Elle l’a fait particulièrement lors du dernier Concile en redisant avec force et conviction que la sainteté est pour tous : « tous les membres de l'Eglise, tant ceux qui appartiennent à la hiérarchie que ceux qui sont dirigés par elle, sont appelés à la sainteté » (Lumen Gentium 39). La toute récente et bienheureuse canonisation des époux Martin nous a redis avec force cet appel universel !

                Mais en définitive, nous pouvons nous interroger : qu’est-ce que la sainteté ? Cela est important car il y a tant et tant de fausses conceptions. La plus répandue est celle qui imagine un saint comme un « sans péché »… Il s’agirait alors d’une espèce de perfection morale intégrale sans un seul écart… Or ce n’est pas cela la sainteté, sinon, elle serait inaccessible ! Même s’il y a un combat à mener pour que notre vie soit, dans ses actes, chrétienne, évangélique, sainte… et d’ailleurs l’évangile des Béatitudes nous rappellent comment nous devons vivre… mais la sainteté ne se situe pas avant tout dans une perfection morale. Elle n’est rien d’autres, en définitive, qu’une ressemblance progressive à Jésus, lui le seul et unique saint ! La sanctification est un processus de conformité au Christ jusqu’à ce que nous puissions dire, comme l’apôtre Paul : « je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). J’aime beaucoup d’ailleurs cette phrase de Saint Pio qui nous exhorte à la sainteté en nous demandant : « vivez de telle sorte que le monde dise de vous : voici le Christ ». La sainteté c’est être le miroir de Jésus. Comme la lumière de la lune est le reflet de celle du soleil, nous devons être des reflets de la lumière de Jésus, des reflets de Jésus lui-même ! D’ailleurs la deuxième lecture nous rappelait cette vocation qui sera pleinement accomplie dans l’éternité mais qui commence dès le jour béni de notre baptême : « nous serons semblables à Lui par ce que nous le verrons tel qu’il est ».

                Or ceci n’est pas notre œuvre ! C’est l’œuvre de l’Esprit Saint ! Nous ne nous faisons pas saints nous-mêmes, mais nous sommes faits saints. Nous ne serons pas saints au mérite mais par grâce ! Il y a plus à se laisser faire qu’à faire ! Et là, nous voyons l’irremplaçable place des sacrements, surtout l’Eucharistie dominicale et la réconciliation.

                Stéphanie, si vous êtes appelés à la sainteté par votre baptême, votre mission de ce jour vous donne encore plus le devoir d’y répondre, car il en va de la fécondité de votre mission

                Aujourd’hui frères et sœurs, je voudrais, au nom de l’Eglise, vous poser quelques questions :

                Avez-vous le désir de la sainteté ? Etes-vous habités par ce désir que Dieu fasse de vous un saint, une sainte, selon son bon vouloir, comme et quand il voudra ?

                Frères et sœurs, êtes vous assoiffés de Dieu ? Etes-vous affamés de sa présence ? Aspirez-vous à la rencontre avec Lui ? Votre vie est-elle tendue vers Lui ?

                Voulez-vous, frères et sœurs, de ce bonheur que le Seigneur veut vous donner ? Pas un bonheur pour demain, mais bien pour aujourd’hui ? Benoît XVI disait : « Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère ».

                Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’être des saints ! Ne craignez pas ce Dieu, qui nous comble de son amour ! Ne craignez pas ce Dieu qui offre sa vie pour vous ! Ne craignez pas de vous livrer à Lui ! N’allez pas chercher ailleurs qu’en Jésus, le bonheur que seul lui peut vous donner…

                Oui, frères et sœurs, Il vous aime ! Ne craignez pas de vous laisser aimer ! Ne craignez pas de L’aimer !  Aujourd'hui le Seigneur des seigneurs se tient à la porte de votre cœur comme un mendiant. Il frappe et Il attends, hâtez-vous de lui ouvrir.

    Père Jean-Michaël Munier

    Homélie du dimanche 1er novembre à Jarville.