Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 14 février 2016 : Quarante jours dans le désert

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 14 février 2016
  • Prêtre Homélie: Roger Bertaux, diacre
  • Lectures:

    Livre du Deutéronome 26, 4 – 10.

    Psaume 90.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Romains 10, 8 – 13.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 4, 1 – 13.

  • Homélie:

    Aujourd’hui, c’est le «Dimanche de la santé et la Journée mondiale des malades » et je trouve que cette journée est vraiment bien placée dans le calendrier liturgique puisque depuis mercredi, jour des Cendres, nous sommes entrés dans un nouveau Carême.

    C’est peut-être pour nous l’occasion de bien commencer cette période de Carême.

    Chaque année, nous cherchons comment améliorer ce temps où l’on nous demande de faire des efforts, des sacrifices, d’être plus généreux, de se priver de certaines choses, éventuellement de jeûner, de prier, mais prier en principe nous le faisons toute l’année… On peut faire beaucoup de choses pendant le Carême !

    Et pourquoi ?

    Parce que, il faut l’avouer, nous attendons en retour quelques choses de Dieu et souvent nous lui en demandons beaucoup !

    Puis arrive le jour de Pâques et c’est un peu comme en comptabilité, on va faire le bilan :

    Mais, attention,  on va faire le bilan uniquement de ces 40 jours !

    Pour certains ce sera bon, pour d’autres, un peu déçus, l’impression de ne pas en avoir fait assez…

    Alors là, je crois que nous avons tout faux, parce que le Carême, c’est autre chose que ça et ça doit être bien différent !

    Le Carême, c’est l’ouverture d’un passage et ça doit être pour nous un nouveau chemin vers Dieu, mais un chemin qui va toujours plus loin et qui ne s’arrête pas au bout de 40 jours, dans une impasse !

    Reprenons avec attention la 1ère lecture « le Livre du Deutéronome ». Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce texte nous ouvre une autre dimension dans notre relation avec Dieu.

    Il ne s’agit pas d’offrir des sacrifices à Dieu pour recevoir de lui ce que nous lui demandons.

    Autrement dit, nous ne devons pas faire de troc avec Dieu : Je t’offre ça, tu me donnes ça !

    Nous devons tout simplement lui offrir ce que nous avons reçu de lui ; fin de la lecture : « Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur ».

    Les premières gerbes que le peuple d’Israël devra offrir à Dieu sont les fruits de la terre que le Seigneur lui a donnée.

    Et ça permet de revenir à ce « dimanche de la santé, à cette journée des malades » et de réfléchir sur la santé, sur notre santé, ce bien qui nous est donné par Dieu et que nous devons sauvegarder.

    C’est certain, quelques soit notre âge, mais bien souvent quand nous en prenons, nous avons tendance à montrer une certaine résignation devant la maladie, devant la souffrance ; d’accepter une certaine fatalité…

    Nous ne devons pas baisser les bras, nous devons et nous avons le devoir de nous reprendre en main, de nous soigner pour lutter contre ces épreuves que nous apporte la vie.

    Si nous n’avons pas le courage de prendre sur nous, nous ne pourrons pas rendre à Dieu ce qu’il nous a donné.

    Nous avons besoin de cette santé pour servir Dieu et être utiles auprès de nos frères et c’est important pour Dieu.

    Je vais reprendre l’Evangile de Matthieu au chapitre 25 : 

    « J’avais faim, vous m’avez donné à manger ;

    soif, vous m’avez donné à boire,

    j’étais un étranger, vous m’avez accueilli ;

    j’étais nu, vous m’avez habillé ;

    j’étais malade, et vous m’avez visité

    j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi ;

    chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

    Vous voyez comme le Seigneur compte sur nous et il y a bien des manières de lui donner satisfaction malgré nos propres souffrances.

    Ce n’est pas facile, loin de là !

    Il faut beaucoup de volonté et de foi pour arriver à surmonter sa maladie, sa douleur, qu’elle soit physique ou morale. Mais ce qui est important c’est de  croire que Dieu est présent dans chacun de nos efforts et qu’il nous soutient.

    Certains parmi vous rendent visite à des malades, des personnes âgées, d’autre vont porter la communion…

    Quelle que soit la présence, quelle que soit la nature de l’intervention auprès de ces personnes, de ces frères et de ces sœurs, c’est surtout et toujours un réconfort qui est apporté et qui nous permet d’agir en chrétiens, de respecter notre mission de baptisés et de faire connaître l’amour infini de Dieu pour ses enfants.

    Etre présent auprès des autres, c’est peut-être une nouvelle piste à suivre en ce début de Carême, pourquoi allez chercher plus loin ce qui est proche de nous, ce qui est à notre porte ?

    Ne soyons pas tenté de baisser les bras et de nous laisser aller à gémir et à rester dans l’ignorance de nos frères et sœurs malades, isolés, de ceux qui ont besoin de nous ; ne soyons pas tenté de nous éloigner de ceux qui attendent le réconfort d’une main tendue.

    Par la même occasion nous risquons de nous éloigner de Dieu.

    En ce temps du Carême, soyons comme Jésus, résistons à la tentation du mal. Cette tentation qui contribue justement à nous éloigner encore plus de Dieu.

    L’Evangile de Luc nous rapporte qu’après son baptême, Jésus quitta les bords du Jourdain conduit par l’Esprit Saint jusqu’au désert et que, pendant 40 jours, il fut tenté par le diable.

    Vous avez sûrement remarqué que le tentateur commence par flatter Jésus « Si tu es le Fils de Dieu… ».

    Si nous succombons au mal c’est souvent par flatterie, par orgueil, par manque d’humilité… »

    Aujourd’hui, Jésus nous apprend qu’être fils de Dieu c’est se laisser conduire par Dieu ; c’est suivre Dieu et lui faire totalement confiance. Lui est vraiment le Fils de Dieu et il a su se montrer Fils jusqu’au bout, dans sa Passion et sa mort.

    Il en sortira vainqueur, car la réponse du Père c’est la Résurrection.

    Nous devons marcher dans les pas du Christ, n’oublions pas que par le baptême nous sommes devenus fils et filles de Dieu et que nous devons réagir face au mal comme Jésus.

    Toutes les tentations ont pour but de briser l’alliance établie entre Dieu et les hommes, nous avons constaté les événements de ces derniers temps, certains ne savent pas résister au mal, la tentation est plus forte : tentation de l’argent, du pouvoir et même la tentation d’évincer Dieu lui-même.

    Ces êtres la sont devenus esclaves du mal.

    Nous, nous avons la chance d’avoir la Parole de Dieu, cette Parole qui nous apporte l’espérance, cette Parole qui, jour après jour, nous confirme que Dieu est amour et bonté.

    Combien de nos frères humains n’ont pas la chance que nous avons ?

    Est-ce que nous nous rendons bien compte de cette réalité, est-ce que nous nous rendons bien compte de cette chance ?

    Connaître Dieu et pouvoir l’aimer.

    Recevoir son amour et lui offrir le nôtre.

    C’est Jésus qui nous donne le désir et la force de le suivre, le désir d’aimer, le désir d’aller vers le Père.

    Avec lui nous marchons comme un vrai peuple de frères.

    Avec lui nous sommes heureux de témoigner que Dieu nous aime, que Dieu nous sauve chaque jour.

    Il ne s’agit pas de suivre Jésus en trainant le pas, de le voir s’éloigner de plus en plus et de le perdre avec le risque de s’égarer.

    Non, il faut vraiment marcher dans ses pas, mieux encore, être à ses côtés et continuer la route avec lui.

    Jésus nous guide. Jésus nous conduit sur le chemin qui nous mène à Pâques et bien plus loin encore.

    Alors, mes frères, marchons !

    Roger Bertaux

    Homélie du dimanche 14 février 2016 à Jarville.