Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 28 février 2016 : Convertissez-vous

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 28 février 2016
  • Prêtre Homélie: Antoine Mériaux, diacre
  • Lectures:

    Livre de l’Exode 3, 1 – 8a. 10. 13 – 15.

    Psaume 102.

    Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 10, 1 – 6. 10 – 12.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 1 – 9. 

  • Homélie:

    Dans cet Evangile, nous sont rapportés deux événements dramatiques : des personnes massacrées par Pilate, et 18 personnes tuées par la chute d’une tour. A l’époque, un malheur était toujours associé à une faute commise. C’était aussi le cas pour la maladie : souvenez-vous de l’aveugle de naissance que Jésus rencontre. Aussitôt les disciples de Jésus l’interrogent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Et Jésus répond : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. »

    Aujourd’hui encore, on entend souvent des phrases – horribles ! - de ce genre : « Le Bon Dieu l’a puni ! » Ou bien « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » C’est même le titre d’un film.

    Jésus ne fait aucun lien entre le mal commis pas l’homme et le malheur. Mais il en tire une conclusion, qu’il répète deux fois : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez. » Jésus ne parle pas de la mort, puisque chacun sait que nous sommes mortels, mais il veut parler de la mort de l’âme. Si nous ne nous convertissons pas, notre âme ne vivra pas.

    Très bien ! Mais se convertir, cela ne me concerne pas, puisque je crois en Dieu, je vais à la Messe, etc… Je n’ai pas besoin d’être converti, je ne suis pas athée, ou bouddhiste…Si je pense cela, je fais erreur. J’ai toujours à me convertir, c’est-à-dire à me tourner davantage vers le Seigneur. Par la prière, par exemple. Mais aussi, étant donné que nous sommes dans l’Année de la Miséricorde, je peux me tourner vers Dieu par des moyens dont nous parle le Pape François à l’occasion de l’Année de la Miséricorde. Ces moyens, ce sont les « œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles ». De quoi s’agit-il ? Voilà ce qu’écrit notre Pape : « J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces œuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ounon, comme ses disciples.

    Redécouvrons les œuvres de miséricorde corporelles : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. »

    Voilà beaucoup de propositions pour nous convertir. Elles ont toutes un point commun : nous tourner vers les autres. Se tourner vers, c’est la même chose que se convertir. Et se tourner vers les autres, c’est se tourner vers le Christ, puisque, comme il nous l’a dit : “chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

    Le carême, c’est le moment favorable pour se tourner davantage vers Dieu. Il n’est pas trop tard, il n’est jamais trop tard avec Dieu. L’Evangile d’aujourd’hui nous le rappelle avec l’histoire du figuier : le propriétaire et le vigneron ont déjà attendu 3 ans qu’il donne du fruit, et ils attendront encore un an avant de le couper. Et même en nous attendant, Dieu nous aime. Et même si nous ne sommes pas fidèles à Dieu, Dieu nous aime. C’est le saint curé d’Ars qui disait : « Nos fautes sont comme des grains de sable en face de la grande montagne des miséricordes de Dieu. »

    Alors, tout spécialement en cette année de la Miséricorde, nous pouvons nous tourner vers le Seigneur, et vers nos frères qui sont, comme nous-mêmes, les enfants de Dieu.

    Antoine Mériaux

    Homélie du samedi 27 février à Laneuveville et du dimanche 28 février à Richardménil.