Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 06 mars 2016 : Le fils prodigue

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 06 mars 2016
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre de Josué 5, 9a. 10 – 12.

    Psaume 33.

    Deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 5, 17 – 21.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1 – 3. 11 – 32.

  • Homélie:

    La deuxième lecture, la deuxième lettre aux Corinthiens, est comme un préambule à la parabole du fils prodigue. Elle nous invite à réfléchir au sacrement de Réconciliation. Faut-il se confesser ? Pourquoi ? Ce sacrement n’est plus à la mode en France. C’est à tel point que nous sommes, parmi les pays européens, celui où on se confesse le moins et celui où on consomme le plus d’anxiolytiques, d’antidépresseurs. Cela nous pousse à nous interroger sur le sens de nos vies.

    Paul est clair. Dieu réconcilie le monde avec lui par le Christ. « Laissez-vous réconcilier. » Paul est un ambassadeur. Un ambassadeur est celui qui transmet un message, une alliance, un traité de paix. Si le pardon est donné, chacun ne l’a pas encore accueilli. Dieu pardonne, encore faut-il accueillir ce pardon. Les apôtres, les évêques sont les ambassadeurs de ce pardon. Pour accueillir son pardon, Dieu a donné un moyen : le sacrement de Réconciliation. Jésus ressuscité le dit clairement aux apôtres, c’est une des premières choses qu’il leur dit : « A qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis. » Qui a cette charge ? Les évêques, les prêtres.

    Ce serait si simple de demander pardon comme cela, à Dieu. Mais n’est-ce pas plus fort d’entendre « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés » ? D’entendre Dieu nous le dire par son ambassadeur ?

    C’est comme ceux qui disent qu’ils n’ont pas besoin d’aller à la messe. Rien ne remplacera la rencontre personnelle avec le Christ dans l’Eucharistie.

    Voici le pourquoi. Maintenant, comment se confesser ?

    Quelle est la racine du péché ? Quel est le péché du fils prodigue ? Le point de départ, c’est quand il quitte le père, quand il se coupe du père. Je me coupe de Dieu, je n’ai pas besoin de lui, je veux mener ma vie sans lui. Le premier péché à confesser est de ne pas être resté en présence de Dieu, resté dans ce cœur à cœur. Qui n’a pas déjà dit « C’est ma vie. C’est mon temps. J’en fais ce que je veux. » Il ne s’agit pas d’obéir à un Dieu despote mais de vivre de sa vie, de sa lumière.

    Le deuxième enseignement de l’Evangile est que quelque soit la gravité du péché, le Père est prêt à tout pardonner, mais aussi à faire la fête. Dieu fait la fête au ciel quand quelqu’un va se confesser. Pour quelqu’un qui s’est confessé, champagne pour tous les anges ; c’est cela, c’est tellement joyeux. Mais nous avons notre amour-propre. « Je sais ce qui est bien. L’Evangile, c’était au temps de Jésus, il faut l’adapter. » Mon amour-propre a-t-il plus raison que l’Evangile ? Dieu n’attend qu’une chose : nous pardonner et faire la fête.

    Il y a trois étapes : reconnaître son péché, vouloir revenir vers ce père plein de tendresse, demander pardon. C’est le chemin qui nous conduit vers Pâques, vers la résurrection. Que ce chemin nous conduise à accueillir cette paix, cette joie de Dieu. Amen.

     

     

    Père Philippe Gauer.

     

    Notes prises à partir de l’homélie du samedi 05 mars à Laneuveville.