Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 26 mars 2016 : Vigile pascale

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: samedi, 26 mars 2016
  • Prêtre Homélie: Philippe Gauer
  • Lectures:

    Livre de la Genèse 1, 1 – 2,2.

    Livre de la Genèse 22, 1 – 18.

    Psaume 15.

    Livre de l’Exode 14, 15 – 15, 1a.

    Livre du prophète Isaïe 55, 1 – 11.

    Livre du prophète Ezéchiel 36, 16 – 17a. 18 – 28.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Romains 6, 3b – 11.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 1 – 12. 

  • Homélie:

    Nous voici entrés dans cette nuit sainte où nous célébrons la résurrection du Christ.

    Oui le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité !

    Alléluia !

    Par ses nombreuses lectures que nous venons d'entendre, le projet de Dieu nous a été rappelés, un projet d'amour, qui manifeste à chaque étape les débordements de sa miséricorde infinie.

    La première lecture, par ce merveilleux récit de la création, nous a dévoilé l'Esprit Saint qui planait sur les eaux, contemplant la beauté de la création. Nous avons pu nous imaginer la joie de Dieu créant l'homme et la femme à son image, selon sa ressemblance. La joie du père qui vit que cela était très bon, la joie du fils qui se préparait à devenir notre frère aîné quand les temps seraient accomplis, la joie de l'Esprit Saint qui allait pouvoir descendre sur l'humanité pour parfaire la ressemblance, grâce au baptême.

    Mais nous le savons trop bien. L'histoire d'amour entre Dieu et les hommes a été marquée par une blessure grave, la désobéissance de nos premiers parents. Dans son amour infini, Dieu nous a voulu libre, libre de choisir le bien ou le mal. Le mauvais usage de cette liberté a conduit à une brisure, à une séparation.

    Mais Dieu, dans sa grande miséricorde, n'a pas rejeté celui qui venait de lui refuser son amour. Bien au contraire, il a prit le temps, progressivement, de se rapprocher de celui qui fuyait pour se cacher de son regard. Il voulait reconstruire cette relation de confiance qui seul pouvait rétablir la communion perdue.

    La mise à l'épreuve d'Abraham a été une étape majeure de l'histoire de la miséricorde. Pour Abraham, déjà bien vieux, il ne s'agissait pas simplement d'un acte de foi : croire en Dieu. Il s'agissait de faire confiance à Dieu et de vivre dans l'espérance de la réalisation de la promesse. Alors qu'il était déjà vieux et sans enfants, Dieu lui fait la promesse d'avoir une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Mais comment cette promesse pourra-t-elle se réaliser si Dieu vient de lui demander d'offrir son fils unique en sacrifice ? La vraie question pour Abraham n'est pas de faire un sacrifice pour avoir droit au salut ou à la réalisation de la promesse, mais bien de faire confiance à Dieu qui ne peut nous tromper dans ses promesses de bonheur. Jusqu'où sommes-nous prêts à faire confiance à Dieu ?

    Abraham, parce qu'il a su obéir dans la confiance, a été comblé de bénédictions. La promesse de Dieu est la promesse de la terre promise, la Jérusalem céleste. La libération du peuple hébreu de l'esclavage des Égyptiens et la traversée de la mer Rouge annonçaient prophétiquement la vie éternelle qui nous attend dans la Jérusalem céleste. Le baptême, qui nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ, est bien ce passage à travers l'eau qui nous libère de nos esclavages. Nous devenons ainsi les héritiers de la promesse.

    Avec Isaïe, la promesse devient plus précise : c'est une alliance éternelle qui est proposée à celui qui veut bien écouter Dieu. Que celui qui a soif de vie éternelle vienne écouter les paroles de vie, ses paroles qui portent du fruit dans le cœur de celui qui les accueille.

    Malgré nos révoltes, notre orgueil et notre désobéissance qui conduisent à tant de souffrances terriblement dramatiques, comme l'actualité ne cesse de nous le montrer, Dieu ne nous abandonne pas à notre sort. Il veut nous rassembler autour de son cœur miséricordieux, ce cœur transpercé sur la croix d'où jaillit l'eau vive du salut, par laquelle nous sommes purifiés. Il ne vient pas juste enlever l’impureté du péché, il veut nous donner aussi à cœur semblable au sien : « je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'ôterais de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit ».

    La promesse de Dieu est bien celle d'une vie nouvelle, non plus simplement une vie humaine mais bien sa vie divine, qui nous est offerte en partage par le don de l'Esprit Saint. Saint Paul nous la rappelait. En mourant avec le Christ, nous vivons avec lui. Par ce que nous avons été mis au tombeau avec lui, nous vivons d'une vie nouvelle, la vie des enfants de Dieu. Par le feu de l'esprit Saint, le Christ devient notre vie, lui qui est le chemin, la vérité et la vie.

    Le gage pour nous de cette vie nouvelle est la foi en la résurrection. C'est la foi de ces femmes qui se rendent au tombeau et trouvant le tombeau vide, font confiance à la parole de ces deux hommes aux habits éblouissants : « Pourquoi cherchez vous le vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit quand il était encore en Galilée : il faut que le fils soit livré aux mains des pêcheurs, qui soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite. »

    Pierre ne verra lui que le tombeau vide. C'est cela la foi, l'acte de foi que nous sommes invités à poser ce soir. Ce sera l'acte de foi que Nadia fera avant de recevoir le baptême, et ce sera l'acte de foi que nous renouvellerons ensemble ensuite. Cet acte de foi est double. Il est acte de foi en la réalisation d'une parole, qui nous révèle le Père, Dieu créateur, qui nous révèle le fils et la réalisation du salut, qui nous révèle l'Esprit Saint et son œuvre de sanctification dans le cœur des croyants et dans l'église.

    Mais cet acte de foi est aussi espérance de la réalisation d'une promesse déjà à l'œuvre en nous, les croyants : le don de la vie éternelle et de la résurrection. Par l'eucharistie, nous avons déjà part à la vie éternelle et la résurrection se réalise progressivement en nous. Pour Stéphanie et Mickaël, qui vont communier pour la première fois au corps et au sang du ressuscité, ce sera un des plus grands jours de leur vie. Comme Nadia, ils ne vont pas simplement dire qu'ils croient en Dieu, ils vont vraiment accueillir Dieu dans leur vie. Notre foi nous conduit à faire l'expérience d'une rencontre, la rencontre du ressuscité. C’est ensemble, unis dans l'église, que nous sommes appelés à faire cette expérience chacun personnellement dans un cœur à cœur. Accueillir l'eucharistie dans notre vie, c'est accueillir le Christ ressuscité.

    Et c'est ce que je voudrais vous souhaiter, à toutes et à tous, ce soir vivre cette expérience extraordinaire de la rencontre du ressuscité à travers sa parole et à travers l'eucharistie.

    Le Christ est ressuscité.

    Il est vraiment ressuscité.

    Alléluia

    Père Philippe Gauer

    Homélie du samedi 26 mars 2016 à Jarville.