Paroisses Nancy-Sud

Homélies du 24 décembre 2016 : Noël

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: samedi, 24 décembre 2016
  • Prêtre Homélie: Serge Gerardy et Marc Haeussler
  • Lectures:

    Livre d’Isaïe 9, 1 – 6.

    Psaume 95.

    Lettre de saint Paul apôtre à Tite 2, 11 – 14.

    Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 1 – 14.

  • Homélie:

    Bien souvent, on attribue la fête de Noël aux enfants et il est heureux, qu’il y en ait ici ce soir pour cette veillée. Mais la fête de Noël nous concerne tous, petit et grands. C’est tous ensemble, que nous allons nous émerveiller de la naissance de l’Enfant Dieu.  Car oui, c’est lui Jésus qui nous rassemble. Cette scène de Marie et Joseph en prière devant l’Enfant Dieu est touchante, mais au-delà de l’image pieuse, elle annonce quelque chose de grand. Tout d’abord en regardant Jésus, nous découvrons le nouveau visage de Dieu. Nous pouvons savourer toute la chance qui s’offre à nous. Dieu nous rejoint sous les traits d’un enfant ! C’est une sacrée nouvelle ! La deuxième bonne nouvelle de Noël, c’est que nous découvrons une nouvelle façon d’accueillir Dieu. Il se laisse découvrir dans le visage d’un enfant. C‘est ainsi que Dieu s’est fait proche de l’humanité, en voulant partager notre condition humaine, avec tout ce qu’elle contient. Le grand amour de Dieu pour chacun de nous « est plus grand que notre cœur », pour reprendre l’expression de st Jean.

    Ainsi, les chrétiens fêtent en cette nuit la naissance de Dieu ! Le Tout-Puissant créateur de toute chose se tient là devant nous ce soir. Bonne nouvelle ! Celui qui nous aime depuis toute éternité, donne sens ce soir à la Vie ! La vie vient du mystère de Dieu. Quand elle est difficile ou devient fragile, Dieu souffle fort pour que la vie tienne bon, et son amour aussi ! Quand la vie meurt, Dieu travaille encore plus fort, pour qu’elle ne meure pas, mais qu’elle commence. Dieu travaille dur, il travaille sans cesse, pour que la vie et l’amour naissent et grandissent et qu’à la fin nous entrions tous dans la vraie vie qui est la sienne, la vie éternelle. Nous touchons là, la grandeur de Dieu !

    La bonne nouvelle de Noël, c’est de comprendre que Dieu ne nous dirige pas depuis le ciel, par sa toute-puissance écrasante ! Au contraire, il vient se faire tout petit entre nos mains. Il vient naître parmi nous. Il vient apprendre la vie avec nous ! Il vient aussi nous montrer comment construire un monde fraternel. Un monde de paix entre les hommes. La paix est bien fragile, car elle dépend de l’humeur des hommes et des femmes de ce monde. La paix dépend de notre aptitude à accepter l’autre, du temps qu’on veut bien lui consacrer pour mieux se comprendre. La paix c’est la fraternité vécue au quotidien pour le respect de la dignité humaine. Ce soir les anges nous présentent le prince de la paix, qui a pour nom Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous. Que Dieu reste avec nous tout au long de cette année pour vivre une paix durable entre les peuples et les nations. Joyeux Noël ! Amen.

     

     

    Père Serge Gerardy

     

    Homélie du samedi 24 décembre 2016 à Neuves-Maisons.

     

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    Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière...

    ... Les enfants, est-ce que vous est déjà arrivé d'avoir peur dans le noir ?... Il y a beaucoup de vents par exemple, ou de l'orage, ou énormément de neige, (ça ne nous arrive plus très souvent...), et tout à coup, plus d'électricité !... plus aucune lumière dans la maison... On n'est pas trop rassuré dans le noir parce qu'on ne sait plus vraiment ce qui se passe autour de nous... l'inconnu fait peur... Et quand enfin, la lumière revient, ou simplement celle d'une bougie qu'on a rallumé... on entend "Aaaah..." un Aaaah de soulagement : la lumière est là, les visages à nouveau réapparaissent, des sourires, des voix rassurantes, des objets qu'on connaît bien...

    ...Et bien, oui, nous sommes parfois, souvent, nous-mêmes ou notre monde, plongé dans le noir... Les ténèbres de nos peurs, de nos déceptions, des pertes, des deuils, que nous avons à faire, du manque d'un être chère, ... Ténèbres de nos blessures qui se cicatrisent et qui parfois s'ouvrent à nouveau, ... Et cela, depuis la nuit des temps !... et sur toute la planète... Comme si l'humanité patinait sans cesse, comme si nous voulions avancer, progresser dans le Bonheur que nous cherchons, sans pouvoir vraiment le réaliser, durablement...

    ... Et pour cause, nous avons besoin, profondément, de saisir une main tendue, et d'apprendre. D'être des apprentis pour apprendre sans cesse à mieux aimer ; et d'abord à mieux nous laisser aimer, par Dieu lui-même.

    Et comment mieux le faire si ce n'est en allant à la source elle-même ? ... Dieu, en effet, nous a aimé le premier. Sans attendre que nous soyons "à la hauteur" ! C'est Lui qui reprend toujours l'initiative, souvent très discrètement, au plus profond de nous. Il nous a tellement aimé qu' Il est venu habiter parmi nous, et même, faire sa demeure en chacun de nous ! Je suis aimé d'un amour éternel...Ouf, la lumière revient ! C'est Lui le Christ, la lumière. Même si celle-ci ne fait pas de bruit (tout-à l'heure...), même si elle peut sembler bien petite, toute tremblante, cette lumière qu'est le Christ, ne s'éteint jamais même dans la nuit la plus noire. C'est elle qui nous incite à allumer des feux, des paroles et des actes qui réchauffent, qui réconfortent, qui relévent. En particulier les plus fragiles, les plus petits d'entre nous, (et d'une manière ou d'une autre, on y échappe pas: on est tous un jour ce "petit", ce "fragile" qu'on ne voulait pas trop voir). Jésus lui-même s'est identifiés à eux : "ce que vous ferez aux plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous le ferez" (Mt 25). Souvent, il "vaut mieux allumer une petite lampe plutôt que de maudire l'obscurité"... pour reprendre cette fois-ci un proverbe.

    ... Il y a le feu, et puis... il y a l'eau. Est-ce qu'il y a de la vie sans eau ? Où est-elle la plus pure cette eau, dans un puit, tout proche de la source, ou alors, dans un ruisseau ? ... Il nous faut apprendre à puiser. Quand on a le coeur inquiet, qu'on ne sait plus très bien où on en est, quand il nous semble qu'on ne parvient plus à aimer, à pardonner, ce qui est souvent plus difficile, il nous faut puiser. Au plus profond. Connaissez-vous l'expression : "il est hors de lui!" ? ... Une manière de dire qu'on est plus en soi, qu'on ne s'habite plus soi-même... (tout à l'heure, le silence...), hors si Dieu vient demeurer en moi et que moi je suis toujours à l'extérieur de moi, est-ce qu'on va pouvoir se rencontrer ? On loupe le lieu du rdv ! Dieu s'est tellement uni à nous, qu'Il s'est donné en nourriture pour nous, sous la forme du pain, de cette hostie toute fragile, ... c'est pourquoi on porte un très grand respect pour cet aliment, pour le Christ lui-même, donné en nourriture spirituelle. Remis entre nos mains, dépendant de nous comme cet enfant fragile, (Dieu n'a pas fait semblant! ... Il est venu vivre toute notre vie, pour l'assumer). C'est dire à quel point notre dignité est immense! Même si nous n'y croyons plus ! ... Il nous faut alors puiser, on l'a dit : du plus profond de nous-même, s'adresser à lui : Seigneur, je me laisse toucher, purifier, par ton souffle de consolation, de douceur, par ta force qui se déploie dans ma faiblesse, par ta bienveillance de Père qui me relève, qui toujours me refait confiance, qui m'envoie. Et cette présence, Seigneur, petit à petit, restaure en moi ta propre image, restaure en moi la paix, parce que Toi, Seigneur, tu es en personne la paix, le prince de la paix (pas seulement un message de paix), Tu es toi-même le Prince de la paix.

    Alors, aujourd'hui, oui, nous sommes dans la joie ! La mère de Jésus, Marie, a mis au monde son fils premier né..." Mis au monde"... ce prince à la fois fragile et d'une très grande puissance, à l'image d'un levain dans la pâte, ce prince emmailloté, va contredire bien des forces de ténèbres dans ce monde, et celles-ci, guerres de toute sorte, en Syrie et en bien d'autres lieu, guerres dans nos coeurs, n'auront pas le dernier mot ! Malgré toutes les apparences, c'est ce petit, là, qui est le tout grand, d'une authentique grandeur, divine, celle de l'Amour qui surpasse tout.

    C'est notre lumière dans les ténèbres, fixons-là tous les jours de la nouvelle année qui approche, chaque visage en sera illuminé.

     

    Père Marc Haeussler

     

    Homélie du 24 décembre 2016 à Heillecourt.