Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 09 avril 2017 : Rameaux

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: dimanche, 09 avril 2017
  • Prêtre Homélie: Marc Haeussler
  • Lectures:

    Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 1 – 11.

    Livre du prophète Isaïe 50, 4 – 7.

    Psaume 21.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens 2, 6 – 11.

    Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 14 à 27, 66. 

  • Homélie:

    Cette entrée dans Jérusalem : quel formidable espoir, quel accueil enthousiaste d’un homme providentiel, le « Nazaréen ». Quel prophète étonnant, tant attendu, guérisseur, juste, libérateur, que ce Jésus, ayant parcouru toutes les terres d’Israël, parlant comme ayant autorité, libre. Alors, « la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin. D’autres coupaient des branches aux arbres et jonchaient la route et tous criaient : Hosanna, au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Pierre en particulier aime suivre cet homme providentiel. Au jardin des oliviers, il dit à Jésus : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi je ne tomberai jamais ». Pierre est très résolu, très volontaire, affirmatif. Jésus le sait bien … la vie n’est pas une course à la réussite pour finalement perdre et se retrouver dans la stupéfaction, la déception d’avoir perdu, d’avoir été lâché par ses disciples. Non, il sait la faiblesse des hommes qu’il porte, qu’il assume, dont il assume la vie faite de peur, de trahison, de bonnes volontés vite ébranlées … il sait tout cela …

    Car oui, celui qui a été reconnu comme notre Seigneur, notre sauveur, est « issu de nos rangs », il est l’un de nous. Il a été capable, parce qu’il est le fils de Dieu, de partager notre naissance, notre vie, notre mort, sans cesser d’être Dieu. Parce qu’il est le fils de Dieu, il a été capable d’une telle descente dans les profondeurs de notre humanité, pour mieux nous faire remonter à la surface. Conscient de cette faiblesse de tout homme, il éprouve lui-même toute cette fragilité dans sa chair qui est la nôtre.

    Comment ne pas être affecté quand une proposition d’alliance, proposition la plus gratuite qui soit, la plus solide qui soit, n’est pas comprise, pas bien reçue ? « Mon âme est triste  en mourir ».

    Jésus est tout sauf dans la suffisance un peu hautaine, comme s’il avait dit « écoutez, faites ce que vous voulez les petits, il y en a un qui va au charbon, qui va au casse-pipe, qui va faire votre salut … qui n’a pas besoin de vous ». Non, il lui importe que ses disciples demeurent avec lui en cette heure pleine d’angoisse.

    Tout se joue à cet instant où Jésus mesure pleinement ce que cela coûte à la volonté humaine de se donner, de se donner ainsi jusqu’au bout, de ne pas se dérober à sa mission de briser le cercle vicieux de la haine, de la réponse au glaive par le glaive. Il mesure ce que cela coûte de donner ainsi sa vie en assumant la place de la victime, de toute victime désormais assurée d’être accompagnée jusque dans la mort la plus injuste. Il mesure tout cela.

    Voilà une coupe bien amère et pourtant salutaire pour toute l’humanité. « Mon père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme Tu veux » et un peu plus tard, il dira : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée ». Oui, vraiment, il ne nous a pas demandé de le mériter, d’être à la hauteur d’un tel sacrifice : nous ne le sommes pas et il le sait. Il nous demande simplement d’avoir l’humilité de nous laisser porter, de consentir (ce qui n’est pas si facile) à ce besoin de saisir une main tendue. Non pas la main d’un homme providentiel qui nous galvanise un temps pour nous lâcher ensuite, mais celle du seul et unique sauveur qui, avec nous, traverse toutes les tempêtes, lui qui seul est le dernier mot, le dernier mot qui fait jaillir la vie.

     

    Père Marc Haeussler

    A partir de l’homélie du dimanche 09 avril 2017 à Jarville.