Paroisses Nancy-Sud

Homélie du 14 avril 2017 : Vendredi Saint

Informations supplémentaires

  • Date Homélie: vendredi, 14 avril 2017
  • Prêtre Homélie: Marc Haeussler
  • Lectures:

    Livre du prophète Isaïe 52, 1 » à 53, 12.

    Psaume 30.

    Lettre de saint Paul apôtre aux Hébreux 4, 14 – 16 ; 5, 7 – 9.

    La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean 18, 1 à 19, 42. 

  • Homélie:

    Jésus est par excellence celui qui assume.

    « Qui cherchez – vous ?

    - Jésus le Nazaréen.

    - C’est moi je le suis.

    - Qui cherchez – vous ?

    - Jésus le Nazaréen.

    - Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »

    Jésus est entièrement donné. Il cherche à épargner ses disciples. « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés » dira-t-il en s’adressant au Père. Pierre, encore lui, ne l’entend pas ainsi et sort son épée pour couper l’oreille droite du serviteur du grand prêtre. Jésus lui demande : « Remets to épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » Cette coupe que les fils de Zébedée prétendaient vouloir boire (et qu’ils ont bu en effet lors du dernier repas) ne sera consommée tout à fait, entièrement que par Jésus lui-même par son offrande, la coupe de son sang versée pour la multitude. Il doit le faire en bout de chaine, à la place du dernier, du bouc émissaire, de la victime par excellence, sans la surenchère de la vengeance, de la révolte que Pierre allait initier par le glaive. Jésus est ligoté et va être jugé ou plutôt jugé à l’emporte-pièce. Il passera aux yeux de la multitude pour le dernier des derniers pour que désormais le dernier des derniers de cette multitude puisse, porté par lui, avoir part à sa vie, la vie éternelle. Jésus est l’homme que les siens ont trahi, l’abandonné qui redoute les heures de la nuit, l’innocent que l’on arrête comme un malfaiteur, l’accusé injustement condamné, le prisonnier frappé, humilié, le juste qu’on mène à la mort, celui qui jusqu’au bout te fait confiance : voilà tout ce qu’il assume.

    Cela est bien décrit par un psaume (21) :

    Et moi, je suis un ver pas un homme,

    raillé par les gens, rejeté par le peuple.

    Tous ceux qui me voient me bafouent,

    ils ricanent et hochent la tête :

    « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !

    Qu’il le sauve puisqu’il est son ami ! (…)

    Ma vigueur a séché comme l’argile,

    ma langue colle à mon palais !

    Tu me mènes à la poussière de la mort. (…)

    Ils me percent les mains et les pieds ;

    je peux compter mes os.

    Ou le psaume 37 :

    Accablé, prostré, à bout de forces,

    tout le jour, j’avance dans le noir.

    La fièvre m’envahit jusqu’aux moelles,

    plus rien n’est sain dans ma chair. (…)

    Le cœur me bat, ma force m’abandonne,

    et même la lumière de mes yeux.

    Amis et compagnons se tiennent à distance,

    et mes proches, à l’écart de mon mal

    Il nous faut en quelque sorte imaginer Jésus avec un énorme sac à dos, portant toutes les pierres lourdes qui encombrent nos cœurs et qui nous empêchent d’aimer comme lui aime. Les pierres que nous avons bien voulu lui confier, lui veut nous en libérer, pour que nous marchions, plus légers, vers cette vie de communion à laquelle nous sommes appelés. Comme Simon de Cyrène, nous pouvons l’aider à porter ce fardeau, ce sac en portant un peu, aussi, celui de nos frères. Et ce faisant, nous participons à notre mesure au salut de tous, au salut du monde.

     

    Père Marc Haeussler.

    A partir de l’homélie du vendredi 14 avril 2017 à Jarville.