Paroisses Nancy-Sud

L'église de Fléville

Fléville

L'église de Fléville est consacré à saint Pancrace, fêté le 12 mai. 

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Le texte suivant est la présentation de l'histoire de l'église de Fléville, faite par M. Thierry de Lambel le 10 mai 2009, à Fléville. 

 

Au XVe siècle, il y aurait déjà eu une ébauche d’église. Il apparaît qu’avec la nef, il y aurait eu un collatéral à droite et qu’en 1712 le collatéral de gauche aurait été ajouté. C’était avant tout un emplacement dédié à saint Pancrace, le patron de la paroisse et qui servait de chapelle.

 Aux 17 ème et 18 ème siècles y étaient inhumés les corps de certaines personnes résidant au château dont la dernière est Madame des Armoises.
Un petit clocher ouvert des deux côtés a été édifié en cette même année 1712 ; Il figure du reste sur une gravure de l’époque.
 
Des premiers travaux d’embellissement et d’amélioration du mobilier ont été effectués après 1802 en particulier dès 1851 par l’Abbé Bastien, curé de Fléville et chanoine honoraire : voûte en bois, augmentation du nombre de places, installation de trois cloches. Elle reste cependant humide et ne dispose pas d’assez de bancs pour accueillir tous les fidèles. C’est alors qu’en 1867, la nouvelle église dans ses dimensions actuelles a été conçue par l’architecte Vautrin.
 
Sa forme d’église-grange permet une visibilité totale. Le sol est rehaussé et le mobilier rénové et la tribune a été installée. Elle est dirigée vers l’Orient (Jérusalem). Le vaisseau a 5 mètres de plus et la hauteur de la nef est passée de 7 à 10 mètres. L’ancien clocher qui a une entrée latérale à l’église a été rehaussé de 5 mètres. Avec la croix de 3 mètres, il mesure alors 16 mètres de haut.
Les ouvriers qui ont réalisé ces travaux furent surtout des artisans flévillois : MM Laurent et Ducret pour la maçonnerie, Louis et Hogard pour la charpente, Zimmer et Laurent pour la serrurerie. Un artisan, artiste peintre-décorateur vient de l’extérieur, M. Lenoir.
La plaque de marbre à droite au fond de l’église rappelle la date de consécration de l’église nouvelle : le 30 juillet 1872 par Monseigneur Foulon, évêque de Nancy et de Toul.
Alexandre de Lambel, saint homme, a pris en charge les frais de reconstruction et sa belle-sœur (mon arrière grand-mère) et son époux ont offert le maître autel et les ornements de l’église. Le maître autel est orné de quatre statues : à droite celles de saint Pierre et saint Paul et à gauche celles de saint Jean et saint Jacques.
 
Dans le chœur et la nef, les croix en or sont le signe de la consécration. Dans le collatéral gauche, se trouve l’autel de la Sainte vierge et dans celui de droite, l’autel de saint Joseph et de saint Nicolas qui dateraient de la Renaissance.
 
En remontant dans le temps, en 1659, la messe était dite à Heillecourt et il n’y avait qu’un vicaire résident. Ce n’est qu’en 1802 que la paroisse est devenue une succursale. Du reste au début de la révolution, le prêtre résident était l’abbé Villiers qui n’avait pas prêté serment. Il a semble t-il été déporté et a disparu. Il a été remplacé quelque temps par un prêtre jureur : l’abbé Masson.

Fleville eglise

 
Je ne terminerai pas ici la visite, car j’ai encore à vous parler des vitraux du chœur, de leur contenu et de la dernière aventure qu’a vécu cette église.
 
Au mois d’avril 1940, avant la grande débâcle, Fléville a été bombardé par des avions italiens qui ont lâché leurs bombes sur la place du village. On peut penser qu’elles étaient destinées au château mais ayant tiré trop court, elles ont endommagé les vitraux de droite et celui du milieu de la nef.
En fin d’année 1947 puis en 1952, ceux-ci ont été remis en état par un homme de l’art : M. Montrésor dont vous voyez le nom inscrit au bas à gauche du vitrail du milieu.
Ce vitrail décrit la vie de saint Pancrace dont quelques épisodes sont rapportés de haut en bas :
Pancrace, jeune homme orphelin et d’illustre famille est originaire de Synnade  en Phrygie (région historique de l’actuelle Turquie occidentale). Agé de 14 ans, il part pour Rome avec son oncle paternel Denis, un Saint confesseur. Il y reçoit le baptême du pape Caius avant d'être pleinement instruit des mystères de la religion chrétienne. L’empereur Dioclétien le condamne chrétien au supplice en l’an 304.
En haut, le départ pour Rome, son baptême, son passage devant le tribunal impérial puis en bas vous le voyez à côté du bourreau qui va le décapiter alors qu’il n’avait que 14 ans. Le bourreau avait autrefois un vêtement de légionnaire romain mais hélas depuis la réfection en 1952 du vitrail, il n’est vêtu que d’un slip de bain. Il est question de le rhabiller d’une façon plus décente.
 
Vous apercevez en dessous, la châsse de saint Pancrace qui contient quelques reliques.
Pancrace est le protecteur des animaux domestiques et il soulage les rhumatismes lorsqu’on le prie. Il reste le symbole de l’innocence. Il existe du reste une église à Rome qui lui est dédiée. A son sujet, je voudrais ajouter quelques détails : récemment on a découvert dans la catacombe de saint Pierre et de saint Marcellin, l’une des plus grandes nécropoles chrétiennes de Rome, via Aurelia et via Tiburtina. Là, sont entassés les ossements de 20 000 personnes, pour la plupart martyrs de Dioclétien avec des fresques constituant l’un des plus hauts lieux de l’art paléochrétien. Les nombreuses fouilles en cours font apparaître que ces morts sont en majorité des jeunes adultes. L’Eglise semble vouloir en faire un Martyrium. Mais à vrai dire, sont-ce des martyrs ou des décès consécutifs à une épidémie (peste, typhus ?). Seuls les analyses et les tests ADN permettront d’en savoir davantage.
Pancrace est-il de ceux là ? Faut-il que nous envisagions un examen ADN des reliques conservées à Fléville ?
Les autres vitraux représentent
des saints :
-          à droite : en haut, saint Pierre et saint Paul et en dessous, saint Martin et saint Mansuy
-         à gauche : saint Augustin et saint Sigisbert, roi d’Austrasie et en dessous Bienheureux Pierre Fourrier et saint Louis de Gonzague
des saintes :
-          à droite : en haut, la Sainte Vierge et sainte Anne et en dessous sainte Madeleine et sainte Catherine
-        à gauche : en haut sainte Marguerite et sainte Thérèse et en dessous sainte Elisabeth de Hongrie et sainte Jeanne de Chantal.

Voici, j’en ai fini avec la visite de l’église qui en 1983 a de nouveau été restaurée et retrouvé tout son éclat initial.

 
Saint Pancrace et les Saints de glace
 
La fête patronale du village a lieu le 12 mai de temps immémorial puisque l’église est dédiée à saint Pancrace.
Les trois saints de glace sont :
 
-          11 Mai : saint Mamert, archevêque de Vienne en 474
-          12 Mai : saint Pancrace mort en 304
-          13 Mai : saint Servais martyrisé par Néron en 13
Sur les calendriers d’aujourd’hui on trouve souvent à la place de ces saints : sainte Estelle, sainte Achillée et sainte Rolande. Cette profusion vient d’une modification du calendrier effectuée en 1960 lors du Concile Vatican II qui a rayé ces saints de glace immémoriaux, car ils correspondaient, dit-on, à une croyance populaire et païenne ou à un vieux dicton. Voilà donc saint Pancrace détrôné.
La science nous donne une réponse plus précise sur l’origine des saints de glace. Les astrophysiciens disent qu’à ces dates de l’année, l’orbite de la terre passe dans une zone chargée de poussières qui provoquent une baisse de l’apport solaire et donc du froid.

Ainsi, vous aurez peut-être un nouveau regard sur votre lieu de culte. Il me reste à rendre un hommage à la mémoire de certains de nos prêtres : MM les Abbés Cuprers, Masson, Guerre († 1840), Bastien († 1863) et j’ajouterai « ad multos annos » Mr l’Abbé Georges.