« J’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi »
« J’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Matthieu 25, 36
En mettant en application cette parole tirée de l’Évangile selon Matthieu, les évêques de France ont célébré en décembre dernier « le Jubilé des détenus » en visitant plus d’une centaine d’établissements pénitentiaires à la rencontre des plus déshérités de nos frères en humanité.
Cette démarche peut surprendre et même choquer ceux qui pensent que ces hommes, par les crimes et délits qu’ils ont commis, ne méritent aucune attention parce qu’ils se sont exclus eux même de la société.
Dans un plaidoyer audacieux, les évêques de France dénoncent une surpopulation carcérale historique, des conditions de détention souvent dégradantes et indignes et n’hésitent pas à pointer ce qui heurte notre conscience de chrétiens : une Justice qui se résume trop souvent à l’élimination plutôt qu’à la rédemption de l’être humain.
Le cœur du plaidoyer repose sur une vision profondément spirituelle et évangélique de la condition carcérale : si la Justice doit condamner, elle ne peut ignorer la dignité inaliénable de toute personne humaine, indépendamment de ses fautes.
En soulignant que personne ne peut être réduit à l’acte qu’il a commis, les évêques replacent l’être humain au centre de la réflexion, non comme un objet de châtiment, mais comme un sujet d’espérance.
Par leur présence en prison, les évêques mais aussi, au quotidien, les aumôniers, prêtres et laïcs, s’appuient sur la conviction que « tout être humain est créé à l’image de Dieu »
Par leur témoignage, ils affirment avec force que la Justice a besoin de miséricorde, que la sanction doit ouvrir à la réinsertion et que la véritable sécurité d’une société passe par le relèvement des personnes et non par leur rejet.
Ce plaidoyer nous appelle à poser un regard différent sur ceux qui sont oubliés au fond de leur prison et à travailler pour que la Justice que nous appelons de nos vœux soit aussi une justice qui remet debout l’homme blessé.
Ne renonçons jamais à la fraternité inclusive inscrite au cœur de l’Évangile, à la lumière de cette parole du Seigneur « j’étais en prison et tu m’as visité », une parole qui engage chacun de nous à reconnaître le Christ dans le visage de l’autre, de tous les autres !
Pascal, Equipe liturgique Saint-François-de-Sales