« Simples comme des colombes » (Mt 10, 13)

« Simples comme des colombes » (Mt 10, 13)

‘’Simples comme des colombes’’ (Mt 10,13)

Depuis quelques temps, mon existence n’est-elle pas trop compliquée ? Je m’éparpille et m’épuise. Je perds mon calme et ma simplicité. Comme saint Augustin au Vème siècle, « je ne veux plus vivre parmi les biens terrestres, dévorant le temps et dévoré par autrui. »

Jésus nous dit : « Soyez simples comme des colombes » (Mt 10,16).

En vérité, suis-je assez simple dans ma vie où se bousculent tant de sollicitations, d’urgences et de tracas ? »

Mais qu’est-ce que la simplicité ?    

Une vie simple ne laisse guère de traces ; une action simple suscite peu d’intérêt. « On ne pense jamais à ce qui est simple. On cherche, on cherche, on se donne du mal, on ne pense jamais à ce qui est le plus simple » dit Péguy.

Quant à l’homme simple, quel portrait donner ? Sa simplicité fait souvent naître de la condescendance : « les gens du monde disent ‘’les simples’’ comme ils disent ‘’les humbles ‘’avec le même sourire indulgent », note Bernanos, agacé. Car le simple, on le pense naïf, crédule ou dénué de caractère. Le mot est pourtant ambivalent et son étymologie me renseigne : est simple ce qui est ‘‘sans plis’’, lisse et homogène. Ce qui paraît négatif par certains est alors digne d’éloge pour d’autres. Le Petit Robert évoque ainsi l’honnêteté, la modestie, la droiture de l’homme.

Vivre simplement, c’est vivre sans complication ni affectation. C’est éviter la duplicité ou la vanité. Le peintre Corot confia « Tous les jours je prie Dieu (..) qu’il me fasse voir la nature et la rendre « comme un enfant ». Ce regard simple de l’enfant est nécessaire pour saisir l’essentiel.

N’est-ce pas le cas du vieillard Siméon qui prit Jésus dans ses bras et bénit Dieu en disant ‘’Et maintenant, Ô maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut ‘’

Partons aujourd’hui en quête de la simplicité. A terme, nous goûterons alors notre récompense : au ciel, il n’y a que des simples

A partir de l’Introduction de l’Eloge de la simplicité de Maximilien Le Febure