Vendredi Saint, « Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? »

Vendredi Saint, « Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? »

« Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? »

Ce soir, nous célébrons la Passion du Christ Jésus notre Seigneur, et nous avons entendu un oracle du prophète Isaïe :
« Mon Serviteur étonnera une multitude de nations, annonce le Seigneur. Devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. »
Et le prophète Isaïe de poursuivre : « Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? »

Nous sommes rassemblés ce soir parce que nous croyons que la prophétie d’Isaïe s’est réalisée. Cela s’est produit. Cela a eu lieu. C’est pourquoi nous, les adultes d’aujourd’hui, pouvons redire à nos enfants les mots des Apôtres :
« Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes », ou encore :
« Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? […] Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? »

Comment notre vie pourrait-elle ne pas être transformée si nous croyons que tout cela est vrai ? Je veux vous le redire avec force : tout ceci est vraiment arrivé. En Jésus de Nazareth, Dieu lui-même s’est approché de nous. Les hommes ont pu le voir et l’entendre, et même le toucher, et même le frapper et le tuer.
C’est vraiment arrivé. Un certain vendredi de printemps il y a presque 2000 ans dans un petit pays montagneux au bord de la mer Méditerranée, le Fils de Dieu a choisi de nous aimer jusqu’à souffrir et mourir sur le bois de la croix.

Que les croix de nos salles de classe et de notre chapelle, de nos maisons et de nos chambres, nous rappellent que Dieu nous a montré son amour infini pour nous. Chaque matin et chaque soir, lorsque nous faisons sur notre corps le signe de la croix, disons à Dieu : « Père, je crois que tu m’aimes et j’accueille cet amour sur ma vie aujourd’hui. »
Nous en sommes sûrs : Dieu nous a aimés jusque là. Et c’est pourquoi nous pouvons, comme le dit la lettre aux Hébreux, nous avancer « avec assurance vers le Trône de la grâce — c’est-à-dire la croix du Fils de Dieu — pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. »
Jésus-Christ est le Seigneur. Il est notre Dieu. Le regarder, c’est voir Dieu. Et c’est encore plus vrai lorsque nous contemplons le Christ en croix. Il attend que tu t’approches de lui, la tête inclinée pour te donner un baiser, les bras étendus pour t’accueillir sans jugement, les mains ouvertes pour te combler de dons à la mesure de ton désir, le corps étendu pour s’offrir à toi tout entier sans réserver et sans retour, les pieds fixés au bois pour rester avec toi pour toujours, le côté ouvert pour que tu puisses t’approcher au plus près de son cœur[1].

Dans un instant, nous allons prier Dieu notre Père pour nous-mêmes et pour le monde entier. Mettons-y toute notre confiance, tout notre amour.
Ensuite, nous allons nous avancer vers la croix de Jésus, notre ami, notre frère, notre roi, notre Dieu. Nous irons tels que nous sommes, avec nos doutes et nos peurs, avec notre peine aussi, mais surtout, surtout, en lui disant de tout notre cœur : « Jésus, je t’aime. Jésus, j’ai confiance en toi. »

[1]cf. S. Bonaventure : « Le Christ qui t’attend sur la croix, a la tête inclinée pour te donner un baiser, les bras étendus pour t’embrasser, les mains ouvertes pour te rémunérer, le corps étendu pour se donner tout entier, les pieds fixés pour rester là, le côté ouvert pour t’y introduire. »

Père Alexandre-Marie Valder