Matin de Pâques

Matin de Pâques

Les Evangiles, les récits de la vie de Jésus, c’est le monde à l’envers. Les premiers sont les derniers, les derniers sont les premiers. Les ouvriers qui travaillent une heure sont payés autant que ceux qui travaillent une journée. Le bandit crucifié à côté de Jésus est le 1er à qui Jésus dit qu’il sera au paradis à côté de Lui. Jésus mange avec des pêcheurs, s’approche des lépreux, parle avec une femme étrangère, ce qui ne se faisait jamais etc… Et puis, il y a tous les signes merveilleux que fait Jésus : de l’eau changée en vin, des pains qui se multiplient, des infirmes guéris, un mort, son ami Lazare, qui ressuscite, … la liste est longue…

Dans ce récit du matin de Pâques, voilà encore des choses étonnantes. D’abord la pierre d’un tombeau qui est enlevée. C’est surprenant. Le mot grec utilisé pour désigner le tombeau fait penser au mot français mémorial. La pierre du mémorial a été enlevée.

La mort d’un être cher nous laisse le poids des souvenirs : les bons moments dont on peut se réjouir, mais qu’on peut aussi regretter car ils ne reviendront plus ; les mauvais moments, ceux où je n’ai pas su faire ou dire ce qu’il fallait.

La pierre du mémorial est enlevée, et le poids du passé avec elle.

Deuxième surprise : Marie-Madeleine annonce : « « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Le corps a disparu ! Et voici des questions : On ? Qui sont ceux qui ont fait cela ? Où est le corps ? Nous ne savons pas. Nous pourrions ajouter : pourquoi ont-ils fait cela ?

La pierre a été enlevée, et le poids du passé avec elle. Mais le tombeau est vide et le présent est plein d’interrogations.

Le disciple que Jésus aimait, c’est-à-dire Jean, qui écrit cet Evangile, arrive au tombeau et regarde à l’intérieur. Troisième surprise : « Il vit et il crut. » Jean voit un tombeau vide, et cela lui donne la foi en Jésus. Comment cela se fait-il ?

Voici l’explication qui nous est donnée : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Jean fait le lien entre :
 – le passé : Jésus a annoncé plusieurs fois à ses disciples qu’il allait être condamné, crucifié, qu’il allait mourir puis ressusciter,
 – le présent : le tombeau vide,
 – et l’avenir : il va revoir Jésus vivant et c’est un avenir qui se transforme en vie éternelle. Le passé et le présent lui font croire à l’avenir.

Quels sont les dons que nous pouvons recevoir de cette fête de Pâques ? J’en vois 2 :

  • considérer différemment notre passé, en y voyant ce que Dieu y a fait pour nous, même dans le poids des épreuves et des tombeaux. Le Pape François nous conseillait de « regarder le passé avec reconnaissance ».
  • considérer différemment notre présent et notre avenir, en les éclairant de la perspective de la vie éternelle. Le Pape François nous disait de « Vivre le présent avec passion. Embrasser l’avenir avec espérance. »

Pour accueillir ces dons, il nous faut avoir 2 vertus que nous pouvons demander dans la prière. D’abord, la Foi. La Foi dans le Christ ressuscité, qui peut tout pour nous. Les Apôtres eux-mêmes disaient au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » C’est ce que nous pouvons, nous aussi, lui demander.

Et l’autre vertu dont nous avons besoin, c’est l’Espérance. Le Christ ressuscité est notre Espérance. C’est Lui qui enlève les pierres de nos mémoires, c’est Lui qui vide nos tombeaux présents, c’est Lui qui nous guide vers notre avenir par sa lumière, la joyeuse lumière de Pâques.

Antoine Mériaux, diacre paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal