Automne de grâces
Automne de grâces
Même si nous attendons la pluie qui tarde à arriver, la diminution de la lumière nous amène peu à peu en automne. Car l’automne ne commence pas le 21 septembre – les saisons ne sont pas des horloges. L’automne commence dès fin août dans les montagnes et en octobre en Italie. Pour nous il commence en général dès le début du mois de septembre. C’est une saison mélancolique, qui glisse vers l’hiver, où la nature donne ses derniers cadeaux avant de s’endormir, l’époque des marrons si chers aux enfants.
La Bible connaît la nostalgie, elle revient souvent sur la sortie d’Egypte comme moment solaire de la relation avec Dieu. Elle peut regretter le temps où le temple était au centre de la vie liturgique, avant l’exil (Psaume 41 – 42) et peut même exhorter les jeunes à profiter de leur temps pour craindre le Seigneur avant la vieillesse (voir le magnifique chapitre 12 de Qohèleth ou Ecclésiaste).
Pourtant, des prophètes annoncent des temps nouveaux. Quelque chose d’inouï. Quelque chose qui ne vieillira jamais. Le Nouveau Testament est bien cette nouveauté : Dieu qui a rejoint son peuple en devenant homme, Dieu éternellement jeune qui meurt et ressuscite, inaugurant un nouveau monde qui est toujours, obstinément, notre avenir. Quand la nostalgie ou la mélancolie nous prennent, regardons vers l’avant (ou l’avent) : vers là où Dieu veut nous emmener. La mort est vaincue. Le printemps est déjà là, planté en automne et veillant en hiver.
Père François Weber, curé