De la croix, Tu nous enseignes

De la croix, Tu nous enseignes

De la croix, tu enseignes

Seigneur Jésus, tu as prononcé sept paroles du haut de la croix. Jusqu’au bout, tu nous as enseigné le mystère de Dieu et le mystère de l’homme.

Pas un mot de reproche ou d’accusation dans ta bouche. Seulement la prière. Afin que nous soit pardonné le mal que nous te faisons en nous blessant les uns les autres, afin que le cercle vicieux de la vengeance soit brisé pour de bon, tu as dit à Dieu : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Un criminel crucifié à côté de toi s’est repenti à l’ultime moment. Même lui, le bandit, le voleur, lui qui avait sans doute du sang sur les mains, n’était pas trop loin pour Dieu. Un regard, une parole auront suffi. « Jésus, souviens-toi de moi », a-t-il demandé, et tu lui as répondu : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Ils étaient bien peu nombreux au pied de la croix : ta mère chérie, ton disciple bien-aimé. Tu les as aimés et ils t’ont aimé. Qu’ils s’aiment à présent et prennent soin l’un de l’autre par amour pour toi : « Femme, voici ton fils… Voici ta mère… »

Ta mort ne fut ni celle d’un sage, ni celle d’un héros. Elle fut celle de Dieu qui a communié intimement à la détresse de toute personne qui voit venir la mort en lieu et place de la vie pour laquelle elle a été créée. Déchirement et incompréhension : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

« Où es-tu donc ? » avais-tu demandé à Adam caché dans le jardin. Dès l’origine, tu as cherché l’homme comme le berger sa brebis perdue, comme l’époux son épouse, comme le père son enfant : « Homme, homme, pourquoi m’as-tu abandonné ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi ! » Pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, tu as dit l’ultime parole de Dieu à l’humanité : « J’ai soif… »

Car Dieu n’a jamais eu qu’une unique Parole à adresser au Ciel, à la terre, à l’humanité, et cette Parole, Jésus, c’est toi-même. En toi, tout est dit, tout est fait. En toi, le Père est à cœur ouvert. Il n’y a rien de plus à attendre, ni révélation, ni prophète. Tu l’as annoncé toi-même avec tes dernières forces : « Tout est accompli… »

Ton ultime mot est pour celui qui t’a envoyé, celui dont tu as tout reçu, celui à qui tu as tout donné, celui dont l’amour, tu le sais, ne te fera pas défaut, y compris dans la mort : « Père, entre tes mains je remets mon esprit… »

Alexandre-Marie Valder, prêtre.