De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie

De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie

De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie

Au Cénacle, Jésus ressuscité montra aux disciples ses mains et son côté et leur dit « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Nous, disciples du Seigneur Jésus, nous, consacrés par le baptême et la confirmation, nous, l’Église, sommes envoyés. Notre mission ne vient pas de nous. Elle prend sa source en Dieu lui-même, ainsi que l’enseigne le Concile Vatican II : « Par nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père (Ad Gentes n°2). » Pensons aussi à ce mot  popularisé par le pape François : disciple-missionnaire, dans lequel le trait d’union est essentiel. Il n’y a de disciples que missionnaires.

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Nous savons donc qui nous envoie. Mais vers qui le Seigneur Jésus nous envoie-t-il ? Et pour quoi faire ? Voyons ce que les textes de ce dimanche peuvent nous dire à ce sujet.

Dans l’Évangile, la parole du Seigneur Jésus s’accomplit immédiatement, puisque les disciples à peine envoyés en mission témoignent auprès de Thomas : « Nous avons vu le Seigneur ! » Ils ont vu ; ils ont entendu ; ils témoignent. C’est aussi simple que cela. Notons que leur témoignage n’est pas reçu par l’intéressé.

Il en va de même pour nous. Nous sommes envoyés pour apporter notre témoignage personnel, avec nos propres mots, auprès des personnes de notre entourage. Qu’ils reçoivent ou non ce témoignage, ce n’est pas notre affaire. Notre part à nous, c’est simplement de dire, au gré des circonstances : « Oui, je prie, parce que je crois que cela réjouit le cœur du Père… Oui, je vais à la messe, parce que j’y rencontre Dieu… En effet, je me confesse, parce que je constate que cela me fait changer en bien… Non, je ne me suis pas laissé abattre par cette terrible épreuve, car j’ai foi en Jésus Ressuscité, et le mal, la mort, le péché et le non-sens n’auront pas le dernier mot… »

Thomas, qui n’avait pas écouté le témoignage des disciples, finit par croire en rencontrant lui-même le Ressuscité. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », lui dit Jésus. Et, un peu plus loin, l’évangéliste Jean conclut : « [Ces signes] ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Voici donc une première réponse à nos questions. Le Seigneur Jésus nous envoie à ceux qui ne croient pas en lui pour qu’ils croient et qu’en croyant ils aient le vrai bonheur – « Heureux ceux qui croient… » – et la vraie vie. C’est bien la raison pour laquelle lui-même a été envoyé par le Père : pour nous les hommes et pour notre salut. Et cette mission de salut, le Seigneur Jésus la continue par le moyen de l’Église que nous formons.

Dans la mesure où nous accueillons le salut offert par le Christ, nous sommes sauvés, comme le mentionnait la prière d’ouverture de la messe : le baptême nous a purifiés, l’Esprit nous a fait renaître et le sang du Christ nous a rachetés. Dans la mesure où nous prenons part à la mission de salut du Christ, nous sommes aussi des sauveurs, chaque fois que par nos actes et nos paroles, nous rapprochons les hommes et les femmes de l’unique Sauveur.

«De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Notre mission est tout simplement la mission même de Jésus qui se continue en nous.

Nous sommes avant tout envoyés vers le Père, comme Jésus qui consacrait chaque jour du temps à la prière, au dialogue cœur à cœur avec le Père. La prière, selon le titre du fameux livre de dom Jean-Baptiste Chautard, est l’âme de tout apostolat. Elle occupait d’ailleurs une place centrale dans la première communauté chrétienne, qui fréquentait assidûment le Temple, rompait le pain – c’est-à-dire célébrait l’eucharistie – et louait Dieu. Nul ne peut être un témoin crédible s’il n’est d’abord un intime de celui qu’il annonce.

Ensuite, nous sommes envoyés les uns vers les autres au sein de l’Église pour mettre en œuvre la charité fraternelle, la communion. Jésus lui-même nous l’enseigne : « Si moi, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres… À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Nul ne peut faire de bien au nom du Christ s’il n’est relié à l’Église qui est son Corps.

Fondés sur la prière filiale et la communion fraternelle, nous sommes enfin envoyés vers les autres, vers ceux qui souffrent pour les servir au nom de Jésus et surtout vers ceux qui ne croient pas, pour leur parler de celui vient leur donner la vie et la joie. Le pape François l’écrivait au tout début de son ministère pour encourager toute l’Église à la mission : « La joie de L’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. »

« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Il y a presque 2000 ans au Cénacle de Jérusalem, un feu a été allumé, un feu de salut, de foi et de vie, de paix et de joie, un feu qui s’est transmis de proche en proche, de témoins en témoins. Ce feu a été allumé en nous et nous sommes envoyés pour le communiquer, envoyés vers le Père, vers nos frères et sœurs chrétiens, vers nos prochains qui ne connaissent pas Jésus, vers la création tout entière qui attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.

Allez porter l’Évangile du Seigneur ! Alléluia ! Alléluia !

Père Alexandre-Marie Valder