Dimanche 17 mai 2026, Neuves-Maisons, Visite Pastorale
Dimanche 17 mai 2026 – Neuves Maisons – Visite pastorale – 7ème dim Temps Pascal – A
Frères et sœurs,
A plusieurs reprises pendant ces journées de rencontres, la question de rendre accessible largement le trésor de la foi s’est posée. Comment s’adresser aux parents qui demandent le baptême pour leur enfant ? comment parler aux couples préparant leur mariage ? comment aider les grands jeunes et les adultes à découvrir le cœur de la foi sans employer des mots incompréhensibles ? Et voilà que pour ce dimanche de conclusion de la visite pastorale, l’Evangile emploie abondamment le vocabulaire de la « gloire », avec le verbe « glorifier ». Ce n’est pas un mot qui revient beaucoup sur nos lèvres, à part quand nous chantons la Marseillaise : « Le jour de gloire est arrivé… » Que veut donc dire Jésus quand il s’adresse à son Père en disant : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie … Je t’ai glorifié sur la terre … Maintenant, glorifie-moi auprès de toi ! » Et plus largement, quel est le sens de cette grande prière de Jésus avant sa passion ? De 2 choses l’une, ou bien, ce sont des expressions trop savantes qu’il faut laisser aux théologiens ; ou bien, il y a là une nourriture savoureuse pour notre foi et notre vie de disciples. Parions pour la 2ème solution et tirons-en quelques conséquences pour nous aujourd’hui.
En hébreu, le mot kabod qui va donner « gloire » implique l’idée de poids. La gloire de Dieu, c’est le poids d’amour et de vie qui est en Dieu. Par exemple, Dieu manifeste sa gloire en faisant sortir son Peuple de l’esclavage d’Egypte. Ou encore, Moïse a le visage rayonnant à partir de sa rencontre avec Dieu. En Jésus, la gloire de Dieu est tout entière présente car il reçoit tout de son Père, mais c’est sous forme voilée. A travers les signes qu’il pose, il manifeste sa gloire : aux noces de Cana, dans la guérison de l’aveugle de naissance ou la résurrection de Lazare ; l’heure suprême de la gloire de Jésus arrive quand il est sur la Croix : il livre sa vie et donne l’Esprit : il dévoile tout l’amour du Père. D’où la prière que nous avons entendue dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » La manière dont St Augustin traduit peut nous aider à comprendre : « Père, ressuscite-moi pour que je te fasse connaître à tout l’univers. » Et nous sentons bien que nous sommes pris dans ce tourbillon d’amour et de vie puisque Jésus prie pour nous et veut nous faire vivre de sa vie. C’est exactement ce que dit l’apôtre Pierre dans sa catéchèse aux nouveaux baptisés pour les fortifier dans les épreuves (notre 2ème lecture) : « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. » Tout au long de cette visite pastorale, j’ai entendu votre fierté d’être chrétiens, particulièrement vous les jeunes ou les nouveaux croyants, mais aussi vous les fidèles de tous âges qui participez à l’annonce de l’Evangile dans ce secteur.
En arrière-fond de la grande prière de Jésus avant sa passion, que l’on appelle la prière sacerdotale, se trouve la fête juive des Expiations. Cette fête est décrite dans la Bible, dans le livre du Lévitique : le Grand Prêtre doit accomplir des sacrifices d’animaux pour obtenir le pardon des péchés pour lui-même, pour sa maison (l’ensemble des prêtres) et pour le peuple tout entier. Jésus, lui, n’a pas besoin d’offrir des animaux puisqu’il s’offre lui-même comme il l’annonce en priant pour lui-même, pour ses apôtres et pour tous ceux qui croiront en lui, et finalement pour le monde entier. Il réalise ainsi la réconciliation définitive de Dieu avec les hommes à laquelle nous avons accès dans l’eucharistie. Nous rejoignons là le thème de notre pèlerinage à Sion le jeudi de l’Ascension : l’accueil du don de la paix. Dans chaque messe, nous prions ainsi après le Notre Père : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur et donne la paix à notre temps… » et juste après : « Seigneur Jésus, tu as dit à tes Apôtres, je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise ; pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-la vers l’unité parfaite, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. »
A partir de ce don de la paix, voici ce que je voudrais vous dire au terme de cette visite :
Accueillez avec un cœur ouvert la Bonne Nouvelle du salut, la réconciliation entre Dieu et les hommes ! Ne vous lassez jamais d’approfondir la foi qui vous est transmise : aidez-vous entre croyants de longue date et nouveaux croyants en vous retrouvant au sein de petites fraternités ; nous avons tous constaté avec joie que les équipes liturgiques sont devenues de véritables fraternités (où l’on vit les 5 essentiels : Parole de Dieu, prière, vie fraternelle, service et où l’on sent qu’il est possible d’accueillir des nouveaux croyants) ; prenez le temps de vous former pour mieux connaître la foi de l’Eglise et en rendre compte car beaucoup cherchent le sens de leur vie et leur offrir l’Evangile est un immense cadeau que vous êtes appelés à leur faire.
Chantez sans cesse « Gloire à Dieu et paix aux hommes ! » Soyez fidèles à la prière comme nous l’avons entendu dans le passage des Actes des Apôtres qui nous montraient les apôtres en prière dans la chambre haute, avec Marie, attendant le don de l’Esprit Saint ! Prière personnelle, en petits groupes, eucharistie dominicale…
Devenez des artisans de paix et des serviteurs de vos frères et sœurs, par votre engagement dans la société et dans l’Eglise : discernez avec l’aide de l’Esprit Saint quels charismes vous sont donnés, repérez les besoins de vos frères et sœurs (je pense à ce qu’un petit groupe vit dans l’accueil des migrants…), soyez créatifs pour répandre la paix de Dieu
Croire, célébrer, servir : rien de nouveau ? Si, car l’Esprit Saint ne radote pas et fait toujours du neuf.
Monseigneur Pierre-Yves Michel