« Je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir » (Mt 5, 17)
Les textes de cette Messe nous parlent principalement de loi et de commandements.
1ère lecture : Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle.
Presque tout le psaume : Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur ! Heureux ceux qui gardent ses exigences,
Toi, tu promulgues des préceptes Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements !
Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.
Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; Montre-moi comment garder ta loi.
Et dans l’Evangile :
Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : (…) Celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Et Jésus cite plusieurs commandements : tu ne commettras pas de meurtre, pas d’adultère etc…
Si on s’en tient à la lecture littérale de ces commandements, qui viennent de l’Ancien Testament, c’est facile. Trop facile. Je ne commets pas de meurtre : facile. Pas d’adultère ? Rien d’insurmontable. Respecter ses serments, c’est-à-dire les promesses qu’on fait à Dieu ? Pas de problème !
Mais s’il faut faire ce que demande Jésus, c’est beaucoup plus compliqué. Car comme d’habitude, Jésus pousse les raisonnements à l’extrême ; il est provocateur. Si je me mets en colère contre mon frère, je devrai passer au tribunal. Même chose si j’insulte mon frère. Les tribunaux vont être débordés ! Si je traite quelqu’un de fou, j’irai en enfer. Si je risque de commettre un péché par un mauvais regard, je dois m’arracher l’œil. Un péché par un mauvais geste, je dois me couper la main. Si on faisait cela, il y aurait beaucoup de borgnes et de manchots ! Et en plus, il y a quelque chose qui ne va pas : on m’a toujours appris qu’il fallait prendre soin de son corps, pas le mutiler. Alors pourquoi ces exagérations ? Je vous propose une réponse.
Jésus veut nous dire qu’il ne faut pas se contenter de généralités. Et de généralités qui concerne les autres, donc pas moi. Les meurtres ? Je ne suis pas concerné. L’adultère. Pas de problème. Etc. Donc je suis parfait. Si j’en reste à ces grands péchés, je n’ai pas besoin du pardon de Dieu. Je n’ai pas besoin du sacrement de réconciliation. Or, par exemple, insulter quelqu’un, ce n’est pas anodin. C’est ne pas respecter sa dignité d’homme créé à l’image de Dieu.
C’est pourquoi Jésus dit : « je ne suis pas venu abolir la loi, mais l’accomplir. » Qu’est-ce que veut dire accomplir ? Le verbe grec signifie : remplir. A mon avis, remplir d’amour. « Je ne suis pas venu abolir la loi, mais la remplir d’amour. » La loi est sèche. Tu ne feras pas ci, tu ne dois pas faire ça. Il nous faut aller au-delà de la simple prescription, au-delà d’un catalogue d’interdiction. Pourquoi ? Pour le bonheur de l‘homme (psaume) : «Heureux les hommes intègres dans leurs voies, qui marchent suivant la loi du Seigneur ! Heureux ceux qui gardent ses exigences. » Une société où on pourrait tranquillement m’insulter, me traiter de fou etc… serait invivable pour moi. Et si je le faisais aux autres, ce serait invivable pour eux.
Les commandements ne sont pas des brimades, mais des paroles dictées par l’amour, pour le bonheur de l’homme.
Antoine Mériaux, diacre paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal