La paix qui vient de Toi

« L’Eucharistie est par nature Sacrement de la paix. Cette dimension du Mystère eucharistique trouve dans la célébration liturgique une expression spécifique par le rite de l’échange de la paix. C’est sans aucun doute un signe de grande valeur. À notre époque, si terriblement éprouvée par le poids des conflits, ce geste prend, même du point de vue de la sensibilité commune, un relief particulier en ce que l’Église considère toujours plus comme sa tâche propre, à savoir d’implorer du Seigneur le don de la paix et de l’unité pour elle-même et pour la famille humaine tout entière. La paix est certainement une aspiration irrépressible, présente dans le cœur de chacun. L’Église se fait la voix de la demande de paix et de réconciliation qui monte de l’esprit de toute personne de bonne volonté, en la faisant se tourner vers Celui qui « est notre paix » (Ep 2, 14) et qui peut réconcilier peuples et personnes, même là où les tentatives humaines échouent. À partir de tout cela, on comprend l’intensité avec laquelle le rite de la paix est ressenti dans la Célébration liturgique. »
Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis
du Saint-Père Benoît XVI sur l’Eucharistie, n°49
Les restrictions sanitaires levées, redécouvrons le rite de la paix. La prière au Christ nous a rappelé que la véritable paix ne peut nous venir que de Lui et que la paix n’est pas un but en soi : elle mène à l’unité des hommes avec Dieu et entre eux. Lors du rite de la paix, ce n’est pas un signe de paix que nous partageons, mais la paix même qui vient du Christ (un peu comme dans l’hostie, où nous ne partageons pas un signe du Christ, mais le Christ lui-même). Certaines assemblées le font bien voir de la manière suivante : depuis l’autel où se tient le Christ ressuscité dans le pain et le vin, le prêtre donne la paix au diacre, aux servants et servantes, et cette paix est ensuite transmise de proche en proche jusqu’aux derniers rangs de la nef.
Combien nous avons besoin de cette paix qui vient du Christ ! Et c’est pourquoi nous osons le prier avec confiance : « Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne-nous la paix. »
Alexandre-Marie Valder, prêtre